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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 09:08

 

 

 

Marek HALTER, Marie

 

 

 

Marek-Halter--Marie.jpg

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

"Existe-t-il une personne au monde qui ignorerait le nom de Marie, mère de Jésus, celle qui engendra le plus grand bouleversement spirituel depuis la naissance du monothéisme ? Pourtant, ce que nous en disent les Evangiles se résume à quelques versets elliptiques et mystérieux.

 

Durant les années nécessaires à la rédaction de ce roman, dressant le portrait de "ma Marie", je me suis efforcé d'imaginer qui avait pu être cette Miryem de Nazareth, née en Galilée dans le chaotique royaume d'Israël en butte à l'occupation romaine. Quels liens entretenait-elle avec la résistance et l'un de ses chefs les plus populaires, Barabbas ? Et avec son lointain cousin Jean le Baptiste ?

 

Né en Pologne, où le culte de Marie domine l'Eglise catholique, j'ai été depuis mon enfance fasciné par le destin de cette jeune juive à l'origine du christianisme. Un jour il fallait bien que je parte à sa recherche. Aujourd'hui, j'aimerais partager cette histoire passionnante avec vous." Marek Halter.

 

 

L'auteur :

 

Né à Varsovie en 1936, Marek Halter est le fils d'un imprimeur et d'une poétesse yiddish. Tout en consacrant une part importante de sa vie à la défense des droits de l'Homme partout où ils sont bafoués, il a publié de très nombreux ouvrages, dont La mémoire d'Abraham. Marie est paru après la trilogie consacrée aux héroïnes de la Bible, Sarah, Tsippora et Lilah, immense succès en France, traduite dans vingt-deux pays.

 

 

Année de publication : 2006

 

 

Premières lignes :

 

"Il faisait nuit. Les portes et les volets du village étaient clos, les bruits du jour absorbés par l'obscurité. Sur son tabouret rembourré d'un peu de laine, Joachim le charpentier, le poing serré sur des ronces enveloppées dans un chiffon, polissait des pièces de bois aux nervures délicates qu'il déposait avec précaution, une fois achevées, dans un panier."

 

 


 

 

Mon avis :

 

Ayant précédemment lu (et apprécié) Sarah, du même auteur, j'ai voulu poursuivre avec Marie afin de combler mes nombreuses lacunes, tant dans le domaine de la religion que dans celui de l'histoire. Certes, ce livre est agréable à lire et souvent instructif, cependant quelques détails m'ont quand même empêchée de l'apprécier complètement.

 

En le lisant, j'ai pris conscience d'un étrange paradoxe : alors que le personnage de Marie est universellement reconnu parmi plusieurs religions, chez les croyants comme les athées, à travers la littérature, la peinture, la sculpture ou encore la musique, il semble qu'hormis son rôle de mère de Jésus, le reste de sa vie soit ignoré de la majorité des gens, qui ne savent pas quelle femme elle était vraiment.

 

L'auteur a le mérite d'y remédier en dressant un portrait étoffé et à vrai dire, très surprenant, de Miryem, comme elle s'appelait alors. Elle semble en effet bien loin de l'image  souvent véhiculée par les oeuvres d'art, à savoir une frêle jeune fille, effacée, douce et complètement soumise à sa destinée.

 

On découvre ici, à l'opposé de ce cliché, une femme au caractère très affirmé, parfois même têtue, courageuse et prête à se battre physiquement pour ses convictions. À une époque où les femmes passaient sans transition de la tutelle de leur père à celle de leur époux, Marie se montre rebelle à cette forme d'aliénation et d'autorité. Serait-ce là une forme de féminisme avant l'heure ?

 

Cette question m'amène justement à l'effet, selon moi problématique, induit par le mélange entre roman et récit historique. J'ai fréquemment éprouvé un malaise lors de ma lecture, faute de pouvoir déterminer dans laquelle de ces deux catégories se plaçait le texte.

 

Il est indubitable que Marek Halter a mené d'importantes recherches en amont de son écriture (une trace sous forme bibliographique aurait d'ailleurs été la bienvenue) et que la majorité de ses sources historiques semblent solides et étayées, cependant le doute s'insinue constamment, surtout lorsque le lecteur est, comme moi, néophyte en la matière. Beaucoup plus romancé que Sarah en dépit s'un contexte semblable, Marie m'a souvent poussée à me demander si les faits relatés étaient ou non attestés.

 

Ainsi, la description de son amitié amoureuse avec Barabbas m'a pour le moins intriguée, de même que la mention d'un "évangile de Marie" jusque là inédit, qui sous-entendrait pour Jésus une fin différente de celle communément admise. Dans un roman de pure fiction, de telles théories seraient tout à fait acceptables, mais ici elles choquent au milieu d'un texte se voulant surtout historique.

 

Cette dichotomie m'a d'ailleurs, toutes proportions gardées, plus ou moins rappelé celle qui plombe à mon avis le fameux Da Vinci code. La différence étant qu'il ne reste rien de ce best-seller une fois enlevées ses théories fumeuses, alors qu'heureusement, le talent d'écrivain de Marek Halter est quant à lui indéniable !

 

Il faut d'ailleurs reconnaître que ce livre est bien écrit, dans un style fluide, coloré et vibrant, parfaitement en accord avec le sujet. L'intrigue se déroule sans temps morts, et certains passages très érudits n'empêchent pas la lecture d'être facile et agréable. Je mets un bémol sur la fin, qui me paraît en deçà du reste, mais quoi qu'il en soit, je suis reconnaissante à l'auteur de m'avoir instruite en me faisant découvrir une période, des lieux et des peuples méconnus et passionnants.

 

 

Ma note :


 

  5 étoilesCinq étoiles (sur dix).

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 09:33

 

 

 

Sara GRUEN, De l'eau pour les éléphants

 

 

Sara-Gruen--De-l-eau-pour-les-elephants.jpg

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Ce roman pas comme les autres a une histoire exceptionnelle : en quelques mois, il a fait d'une inconnue un véritable phénomène d'édition, le coup de cœur de l'Amérique. Durant la Grande Dépression, dans les années 30, les trains des petits cirques ambulants sillonnent l'Amérique. Jacob Jankowski, orphelin sans le sou, saute à bord de celui des frères Benzini et de leur "plus grand spectacle du monde". Embauché comme soigneur, il va découvrir l'envers sordide du décor où tous, hommes et bêtes, sont pareillement exploités, maltraités.

 

Sara Gruen fait revivre avec un incroyable talent cet univers de paillettes et de misère qui unit Jacob, Marlène la belle écuyère, et Rosie, l'éléphante que nul jusqu'alors n'a pu dresser, dans un improbable trio. Plus qu'un simple roman sur le cirque, De l'eau pour les éléphants est l'histoire bouleversante de deux êtres perdus dans un monde dur et violent où l'amour est un luxe que peu peuvent s'offrir.

 

 

L'auteur :

 

Cavalière émérite, engagée auprès d’organisations de protection animale, Sara Gruen puise son inspiration dans sa passion pour les animaux.

 

 

Titre original : Water for elephants

 

 

Année de publication : 2006

 

 

Premières lignes :

 

"J'ai 90 ans. Ou 93. C'est ou l'un ou l'autre. Quand on a 5 ans, on sait son âge - au mois près. Même à 20 ans, on sait son âge." 

 

 


 

 

Mon avis :

 

N'ayant jamais été réellement fascinée par le cirque (les clowns sont plus inquiétants que drôles et les animaux, trop souvent ridiculisés), du moins sous sa forme traditionnelle, ce n'est donc pas cet univers qui m'a attirée et convaincue de lire cet ouvrage, mais plutôt les critiques élogieuses à son égard.

 

Très loin de la magie, des paillettes et même de la piste, ce roman dévoile l'envers (miteux) du décor, soit les coulisses de la vie circassienne aux États-Unis, juste après le krach boursier de 1929. L'intrigue principale se déroule donc à cette période, mais l'intrigue secondaire, quant à elle, prend place près de soixante-dix ans plus tard, dans une maison de retraite.

 

En effet, le narrateur, Jacob, nonagénaire végétant dans un hospice, se remémore lors de ses nombreuses siestes son arrivée dans le monde du cirque en tant que vétérinaire, suite à la mort brutale de ses parents. C'est à travers ses yeux de néophyte que le lecteur est invité à découvrir la vie nomade, bien souvent rude et violente, de ces artistes dont la mission était de faire rêver un peuple américain anéanti par la crise et privé de toutes ses illusions.

 

Le cirque dont il est question est assez misérable (loin de Barnum, qui faisait référence à cette époque) et son directeur, davantage chef mafieux que saltimbanque, le dirige d'une main de fer, exploitant et maltraitant aussi bien les humains (sans aucune pitié pour les plus faibles)  que les animaux qui le composent. Ces derniers y tiennent d'ailleurs un rôle assez important, source d'humour comme de drame (je pense à Rosie, l'éléphante).

 

Apparemment bien documenté, ce livre nous fait donc découvrir et partager la vie de ces artistes itinérants, au sein desquels règne de façon assez inattendue un véritable système hiérarchique, presque de castes, que l'on se doit de respecter en toute occasion. Le héros, plongé dans cet univers déroutant dont il ne possède pas encore les codes, va s'éprendre de Marlène, belle écuyère hélas sous la coupe d'August, le meneur de spectacle, violent et imprévisible.

 

Les personnages sont pour la plupart hauts en couleur et très attachants, même si certains paraissent il est vrai un peu manichéens (tels les "méchants" que sont Oncle Sal et August). Le contraste est donc immense  avec la vie étriquée et désoeuvrée menée par le Jacob contemporain dans sa maison de retraite, dont la banalité permet de mettre en exergue les péripéties extraordinaires (au sens propre du terme) vécues jadis.

 

Cette description, rendue de l'intérieur, de la vieillesse et de ses corollaires est extrêmement troublante, voire glaçante. En effet, l'auteur rend avec justesse le sentiment d'abandon éprouvé par Jacob (il attend en vain que sa famille lui rende enfin visite), ainsi que les aléas qu'il doit supporter : déchéance physique, pertes de mémoire, impression d'impuissance et d'inutilité, sans oublier le manque de respect des membres du personnel, qui l'infantilisent et ne lui prêtent pas attention.

 

Si les moments racontés en flash-backs sont le récit d'un apprentissage et d'une initiation, les passages contemporains, quant à eux, se font l'écho d'une certaine sagesse, de l'expérience de la vie acquise par le héros, mais également de la désespérance vertigineuse qui en découle, en vue du terme de son existence.

 

Cette construction du livre, alternant des narrations à deux époques différentes, permet non seulement de rythmer et de scander le texte, mais aussi de fournir des clefs de compréhension concernant le narrateur, car si le vieux Jacob explique la personnalité et les actes du jeune Jacob, ce procédé fonctionne finalement dans les deux sens.

 

Quant au style, fluide, il donne un ouvrage bien écrit (et traduit), fort plaisant à lire, sans temps morts, avec des dialogues dynamiques et des descriptions très parlantes, presque cinématographiques (un film tiré du livre est d'ailleurs actuellement en tournage, avec Robert Pattinson et Reese Witherspoon dans les rôles principaux).

 

Certes, après cette lecture pittoresque et riche en émotions, la fin peut apparaître comme assez improbable, mais l'attachement au personnage principal est tel que l'on veut quand même y croire. Car quoi qu'il arrive, le spectacle continue... !

 

 

 

Ma note :


 

6 étoilesSix étoiles (sur dix).

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 17:02

 

 

 

Marguerite ABOUET et Clément OUBRERIE,

Aya de Yopougon, T1 à 6

 


 

 Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, Aya de Yopougon T1  Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, Aya de Yopougon T2   Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, Aya de Yopougon T3

 

 

Marguerite-Abouet-et-Clement-Oubrerie--Aya-de-Yopougon-T4.jpg   Marguerite-Abouet-et-Clement-Oubrerie--Aya-de-Yopougon-T5.jpg   Marguerite-Abouet-et-Clement-Oubrerie--Aya-de-Yopougon-T6.jpg

 

 

 

Présentation des ouvrages :

 

Tout au long des albums, on suit la vie d'Aya, jeune fille de 19 ans vivant à Yopougon (ou Yop City), quartier populaire d'Abidjan, en 1978. Loin des clichés de la guerre et de la famine, il s'agit d'une chronique drôle et savoureuse de la vie quotidienne de jeunes Ivoiriens dans un langage imagé, entre amourettes et vraies amitiés, rebondissements et dénonciations de certains tabous, le tout souligné par des dessins pleins de délicatesse.

 

 

Les auteurs :

 

Marguerite Abouet naît en 1971 à Abidjan. Elle grandit en famille dans le quartier populaire de Yopougon jusqu'à l'âge de douze ans. Puis ses parents l'envoient à Paris chez son grand-oncle où elle découvre les bibliothèques et se passionne pour les livres. Elle écrit bientôt des romans tout en exerçant divers métiers, mais ne les fait lire à personne. Finalement, elle décide de se consacrer uniquement à l'écriture et crée, avec la complicité de Clément Oubrerie, le personnage d'Aya.  En 2006, Aya de Yopougon est célébré par le prix du Premier album au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême.

 

Clément Oubrerie est né dans la région parisienne en 1966. Après quatre ans d'études d'arts graphiques, il stoppe tout pour partir deux ans aux États-Unis, où il se voit publié pour la première fois. Il a illustré une quarantaine d'ouvrages pour enfants et travaille également sur des projets dans le domaine de l'animation.

 

 

Années de publication : 2005-2010

 

 

Premières lignes :

 

"En 1978, la Côte d'Ivoire, mon beau pays, connut sa première campagne publicitaire télévisée. Elle vantait les mérites de la Solibra, notre bière reconnue dans toute l'Afrique de l'Ouest. Dago, un comédien à la mode, en buvait une gorgée, ce qui lui donnait la force de dépasser les bus à vélo."

 

 


 

 

Mon avis :

 

Si le premier tome de cette remarquable série m'a été offert, c'est grâce, d'une part, aux excellentes critiques qu'il avait suscitées, mais aussi et surtout parce que j'ai moi-même vécu sept ans en Côte d'Ivoire, arrivée justement en 1978, année du début de l'histoire. 

 

J'ai toujours adoré les bandes dessinées, ayant quasiment appris à lire dans les Tintin et les Astérix, avant de découvrir plus tard les oeuvres de Jacobs, Bilal, Guarnido et Loisel, entre autres. Cependant, aucune ne ressemble de près ou de loin à Aya de Yopougon, que j'ai immédiatement dévorée, et donc appréciée.

 

Cette B.D. savoureuse est en fait une sorte de chronique, sous forme de feuilleton, dépeignant la vie de plusieurs amis vivant dans le quartier d'Abidjan de Yopougon, surnommé Yop City. Aya, l'héroïne, est une jeune fille grave et sage de 19 ans qui se destine à être médecin. Autour d'elle, gravitent des personnages hauts en couleurs (par effet de contraste) et souvent bien plus légers, à commencer par ses deux meilleures amies nettement plus délurées, Bintou et Adjoua, ainsi que toute leur parentèle.

 

La façon qu'a l'histoire de s'ancrer dans la normalité quotidienne de cette jeunesse gaie et insouciante surprend agréablement, car elle renvoie de la Côte d'Ivoire une image positive et dynamique (on a parlé à cette époque de "miracle ivoirien" à propos de l'économie florissante), loin des fléaux qui la ravagent hélas de nos jours, à l'instar d'une bonne partie du continent africain : sida, famine, guerre et conflits ethniques... 

   

À la lecture, l'impression de dépaysement est accentuée par l'emploi d'une langue truculente dans des dialogues énergiques et enlevés ; d'ailleurs, de nombreux mots et expressions sont listés et expliqués à la fin de chaque ouvrage, dans le cultissime "Bonus ivoirien". L'humour est omniprésent dans les albums, venant des situations, mais également des failles des personnages, tous très attachants, y compris ceux que l'on pourrait qualifier de "losers". Dans les dialogues, les répliques font souvent mouche, tant il est vrai que personne (et surtout les femmes !) ne s'en laisse conter.

 

Ce ton très léger ne doit pas occulter le fait que l'auteur traite avec subtilité certains sujets plus graves et parfois même tabous, comme l'homosexualité, la bigamie, les mariages arrangés, l'accueil déplorable fait aux immigrés en France, ou encore le pouvoir mercantile de certaines fausses religions.

 

L'héroïne, Aya, est profondément féministe et de même, ses amies n'ont pas la langue dans leur poche lorsqu'il s'agit de remettre les hommes à leur place. Ces derniers ont souvent un rôle peu flatteur, ce qui ne les empêche pas de rester très humains, malgré toutes leurs faiblesses.

 

L'intrigue, vite éclatée en de multiples histoires parallèles, dues aux interactions entre les très nombreux personnages,  fait l'objet de plusieurs rebondissements dans chaque volume, créant un rythme dynamique et plein d'énergie. De plus, les albums s'achèvent pour la plupart en plein suspens, créant une réelle attente de la suite de la part du lecteur (ce qui explique d'ailleurs la nécessité absolue de les lire dans l'ordre chronologique) !

 

J'en viens enfin aux dessins, qui forment un écrin parfait à l'histoire, lui conférant son aspect pétillant et chaleureux. Expressifs lorsqu'ils dépeignent des personnages, extrêmement délicats et élégants quand ils concernent les jeunes filles, ils sont de plus portés par une splendide palette de couleurs très riches, en camaïeu, qui soulignent à volonté les temps forts de l'histoire : tonalités chaudes pour la partie ivoirienne, froides dès que l'intrigue se déplace en France. De plus, de magnifiques illustrations pleine page viennent scander la narration, comme des pauses graphiques bienvenues entre deux rebondissements.

 

Les albums sont invariablement clos par le fameux "Bonus ivoirien", lequel propose, outre le lexique des expressions et mots employés, de savoureuses recettes de cuisine (telles que la sauce arachide ou le poulet braisé), la façon de nouer son pagne pour porter son bébé dans son dos, celle d'agiter correctement ses fesses en dansant, ou tout simplement, de partager certains souvenirs d'enfance de l'auteur.

 

Étant désormais établi que la lecture d'Aya de Yopougon s'avérait particulièrement stimulante, savoureuse et dépaysante, je suis tenue de la recommander à tous, car comme on dit à Yop City : dêh ! C'est trop doux, là même !

 

 

Ma note :


 

  8 étoilesHuit étoiles (sur dix).

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 15:45

 

 

 

P. D. JAMES, Un certain goût pour la mort

 

 

 

P.D.-James--Un-certain-gout-pour-la-mort.jpg

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Le commandant Adam Dalgliesh, de Scotland Yard, fouille dans le passé de Sir Paul Berowne. Cet aristocrate, promis à un brillant avenir, a été égorgé dans la sacristie d'une église de Paddington, aux côtés d'un clochard, lui aussi saigné à blanc. Qui était Paul Berowne ? Une vendetta familiale, une jeune fille noyée dans la Tamise, une révélation mystique - autant d'indices qui semblent ne mener nulle part. Mais c'est peut-être en lui-même que Dalgliesh trouvera la réponse. Car ce flic peu ordinaire, poète à ses heures, amateur d'architecture et de musique baroque, possède lui aussi un passé douloureux. Et un certain goût pour la mort...

 

 

L'auteur :

 

Phyllis Dorothy James est née à Oxford en 1920. Femme au foyer après la naissance de ses enfants, la santé fragile de son mari l'oblige à reprendre le travail comme employée de bureau. Ayant toujours souhaité écrire, son premier manuscrit de roman policier est publié en 1961, sous ses seules initiales, afin de cacher le fait qu'elle est une femme. Son énorme succès débute alors et ne se démentira pas, tout au long de la vingtaine d'ouvrages qui suivront, dont 14 mettent en scène le commandant Adam Dalgliesh.

 

 

Titre original : A taste for death

 

 

Année de publication : 1985

 

 

Premières lignes :

 

"Les cadavres furent découverts le mercredi 18 septembre, à huit heures quarante-cinq du matin, par deux témoins, Miss Emily Wharton, une vieille fille de soixante-cinq ans appartenant à la paroisse de Saint-Matthew, Paddington, Londres, et Darren Wilkes, dix ans, qui, pour autant qu'il le sût, et y attachât de l'importance, n'appartenait à aucune paroisse en particulier."

 

 


 

 

Mon avis :

 

Il s'agit du premier polar de cette célèbre romancière que j'ai eu l'occasion de lire. Je dois avertir d'emblée que ce compte-rendu est sans doute biaisé : en effet, ce livre est le septième de la série consacrée au héros récurrent Adam Dalgliesh, soit exactement à la moitié du cycle total. Ne le sachant pas, j'ai été fortement déroutée au début de ma lecture par des allusions à des personnages pour moi encore inconnus, me donnant l'impression désagréable d'avoir manqué une partie de l'histoire.

 

Celle-ci commence par les meurtres mystérieux, dans une sacristie, de deux hommes que tout opposait : un très riche Baronnet et un sans-abri du quartier, réunis dans la mort. Le commandant Dalgliesh va devoir mener la majorité de ses investigations au sein de la famille du premier, y découvrant rapidement que presque tous ses membres ont un mobile potentiel. En parallèle se déroule une seconde intrigue, comme un ton en dessous, mettant en avant le Sergent Kate Miskin, collègue féminine du héros.

 

L'auteur décrit à merveille dans cet ouvrage la haute société anglaise, fascinant microcosme certes, mais surtout moribond. Derrière sa façade attrayante, proche de la perfection, on découvre la fin d'un monde en déliquescence dont les acteurs, arrogants et hypocrites (sous-entendu : aussi imparfaits que n'importe qui), sont prêts à tout pour sauver les apparences. C'est bel et bien un aperçu d'une certaine lutte des classes, chacun luttant pour sa survie.

 

Pas besoin de descriptions sanglantes, de détails horrifiants et spectaculaires pour créer le suspens, P. D. James y parvient à sa façon en relatant pas à pas, minutieusement, les différentes procédures policières. Le rythme de ce gros roman est assez lent, contribuant à créer une atmosphère bien particulière, également étoffée par la psychologie fouillée des personnages, complexes et finalement, très humains. 

 

L'enquête elle-même mise à part, ainsi que la surprise de l'identité du coupable, j'ai apprécié les différents thèmes développés dans le livre, à savoir la moralité, la politique et ses concessions nécessaires et enfin, une certaine vision de la société britannique. De plus, l'ouvrage est bien écrit et bien traduit, dans un style souvent assez littéraire. 

 

Pour conclure, je pense que ma note aurait été plus élevée encore si je n'avais pas eu l'impression de m'embarquer à bord d'une histoire déjà entamée depuis longtemps. Cela m'a empêchée de saisir à leur juste valeur l'évolution des personnages récurrents, ainsi que d'éprouver à leur égard un attachement fait de la connaissance de tout leur passé commun. Bien que je le regrette, cette lecture m'a suffisamment convaincue pour que j'aie envie de reprendre ce cycle, à partir du début cette fois !

 

 

Ma note :


 

  6 étoilesSix étoiles (sur dix).

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 16:10

 

 

 

Marie-Cécile PICQUET, Poisons

 

 

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Présentation de l'éditeur :

 

Amiens, 1315. A l'ombre de la cathédrale, tout un peuple s'ébroue, vend, achète, mendie, vole, flâne. A l'image de cette foule bigarrée, l'esprit de la jeune Margault Esternay est en effervescence. Son plus profond désir ? Devenir enfin une femme, même si pour cela elle doit trahir son mari. Inlassablement, le ténébreux Arnoul la poursuit de ses assiduités... Lui cédera-t-elle ? Ou trouvera-t-elle, dans la somptueuse sérénité de la cathédrale, la force d'échapper à la tentation ? Elle l'ignore encore mais les réponses à ces questions ne dépendent plus d'elle. Son propre père, religieux fanatique, conspire à sa perte. Attirée dans le plus diabolique des pièges, elle va perdre sa vertu et son honneur. Pour se venger, Margault n'aura d'autre choix que de devenir la plus honnie des femmes : une sorcière...

 

 

L'auteur :

 

Passionnée par le Moyen Age, Marie-Cécile Picquet a choisi de situer l'histoire de son premier roman dans la région d'Amiens dont elle est originaire. Ancienne attachée de presse aujourd'hui journaliste, elle vit en région parisienne, avec son mari et ses deux enfants.

 

 

Année de publication : 2007


 

 

Premières lignes :

 

"Bien malin qui pourrait deviner devant ce tableau serein l’imminence de l’ouragan qui rôde… L’immobilité du profil tourné vers le ciel est absolue. Un long cou gracile, un teint laiteux éclairé de reflets ambrés par la lumière jouant à travers le parchemin huilé, des cils soyeux qui n’en finissent plus de se courber, de longs cheveux châtain clair chastement torsadés, voilà le doux modèle qui inspire en cette année 1315 Matthieu Esternay, maître imagier, pour sa statue de la Vierge à l’Enfant."


 

 


 

 

Mon avis :

 

Cédant une fois encore à mon goût pour les romans médiévaux, j'attendais beaucoup de celui-ci, qui pour une fois se déroulait en France et non pas en Angleterre, comme nombre d'entre eux (je pense à Ken Follett, ou encore à Paul Doherty). L'histoire, à première vue, semblait alléchante : des aventures et des rebondissements à foison, des personnages originaux, un certain suspens et surtout une base historique, permettant d'apprendre en se divertissant.

 

Hélas, j'ai vite été déçue par tous les ingrédients énumérés ci-dessus : certes, l'intrigue réserve quelques rebondissements, mais ils sont pour la plupart hautement prévisibles par un lecteur un tant soit peu malin, ce qui gâche fatalement le suspens potentiel.

 

Quant aux personnages, ils m'ont paru trop stéréotypés et manichéens pour que je ressente un quelconque attachement à leur égard. Ceci même envers la belle héroïne, dont la naïveté est parfois si confondante que l'on souhaiterait qu'elle ne soit pas la seule à ignorer un danger que l'on a soi-même identifié depuis une vingtaine de pages !

 

Les détails historiques sont certes intéressants (notamment en ce qui concerne la religion), de même que la ville d'Amiens dans laquelle se déroule l'intrigue, mais cela n'a pas suffi à entretenir mon intérêt au fil des pages, au point que je me suis parfois un peu ennuyée dans ma lecture.

 

Pour ce qui est de l'écriture, le livre est correct, sans plus. On peut regretter un réel manque de densité et de corps dans le style, ce qui aurait structuré l'histoire et contribué à gommer l'impression de fadeur ressentie après l'avoir lue.

 

Comme je l'ai déjà expliqué lors d'une précédente critique (voir La dame de Pérouges, d'Alain Larchier), je suis devenue exigeante à force de lire de nombreux ouvrages de ce type. Ce que j'en attends : non seulement d'être bien écrits (avec si possible un vocabulaire adapté), avec une histoire qui se tienne, mais en plus, de solides bases historiques. Autant dire que peu de romans parviennent à réunir autant de critères.

 

Poisons est donc un ouvrage plutôt agréable à lire en dépit de quelques longueurs, mais son manque de caractère fait qu'il est très vite effacé de la mémoire (très sollicitée) du lecteur...

 

 

Ma note :


 

  3 étoilesTrois étoiles (sur dix).

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 16:30

 

 

 

Markus ZUSAK, La voleuse de livres

 

 

 

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Présentation de l'éditeur :

 

Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question : d'une fillette ; des mots ; d'un accordéoniste ; d'Allemands fanatiques ; d'un boxeur juif ; de vols.

 

 

L'auteur :

 

Markus Zusak, 35 ans, enseigne l'anglais à l'Université de Sydney. Il est l'auteur de plusieurs livres tous primés et les critiques du monde entier saluent son talent et sa virtuosité. Son roman La voleuse de livres a été traduit en plus de vingt langues.

 

 

Titre original : The book thief

 

 

Année de publication : 2005

 

 

Premières lignes :

 

"D'abord les couleurs.

Ensuite les humains.

C'est comme ça que je vois les choses, d'habitude.

Ou que j'essaie, du moins.


Un détail


Vous allez mourir."

 

 


 

 

Mon avis :

 

Lorsque j'ai commencé ce livre, je n'étais (pour une fois) pas au courant du battage médiatique dont il faisait l'objet, non plus que de la quasi unanimité des critiques élogieuses à son égard. Je n'avais pas la moindre idée du thème abordé, préférant toujours conserver un effet de surprise lors de ma lecture. Est-ce la combinaison de tous ces facteurs qui m'ont conduite à passer en quelque sorte à côté de ce roman ? En effet, je l'ai achevé avec un certain sentiment de frustration, mais aussi la certitude que je l'apprécierais bien mieux à la relecture, sachant cette fois à quoi m'en tenir.

 

Lorsque l'on entame ce livre, la première surprise est de découvrir l'identité pour le moins inédite de la narratrice : la mort elle-même. Ce choix original et audacieux permet de prendre du recul face aux faits et gestes des personnages, car la mort les observe, remettant les choses dans leur juste perspective (notamment la vanité de leurs actes) et attendant patiemment son heure.

 

L'histoire prend place dans un petit village allemand en 1939, lorsque l'héroïne, la petite Liesel, neuf ans, abandonnée par sa mère après la mort de son petit frère, arrive dans sa nouvelle famille d'accueil. Elle découvre à la fois un quartier, de nouveaux amis, et surtout ses parents adoptifs, Hans et Rosa, respectivement peintre en bâtiment et blanchisseuse.

 

Tout ceci se déroule dans un climat social délétère, plombé par les prémices de la Seconde Guerre mondiale. D'ailleurs, la famille de Liesel sera amenée à cacher dans sa cave un boxeur juif, Max, qui se liera d'amitié avec elle grâce à leur passion commune pour les livres. Car Liesel aime passionnément la lecture et n'hésite pas pour cela à voler des ouvrages lorsqu'elle en a l'occasion (lors d'un autodafé sur la place du village, par exemple).

 

Au fur et à mesure du récit, on s'attache fortement aux personnages principaux, surtout Hans, le père adoptif de Liesel, et Max, qu'il cache chez lui au mépris du danger. Tous deux partagent notamment un grand humanisme, une empathie envers leur prochain ainsi que le courage de tout risquer pour une cause qu'ils croient juste.

 

Ce roman exprime également la célébration des livres, du pouvoir de résistance et de résilience qu'ils procurent à ceux qui les possèdent et s'en nourrissent. D'autre part, il est intéressant de voir développé le sujet assez méconnu des Allemands ayant résisté aux nazis lors de la guerre, faisant passer leurs principes avant leur propre vie.

 

S'il ne s'était agi que de l'intrigue et des personnages, j'aurais réellement adoré ce livre, mais il souffre à mon sens d'un gros handicap en ce qui concerne la construction et le style. Très déroutants l'une comme l'autre, je dois dire que j'ai eu grand mal à entrer dans l'histoire, à tel point que j'ai failli abandonner ma lecture à plusieurs reprises. N'aimant pas laisser un livre en plan, je me suis forcée à continuer et heureusement, l'attachement croissant aux personnages aide à passer ce cap difficile.

 

Cependant, je dois souligner que de la construction très particulière des chapitres résulte une intrigue au rythme haché et saccadé, empêchant souvent toute empathie du lecteur avec l'histoire et les personnages, et donc par là même, toute émotion. Ce manque intentionnel de fluidité se veut sans doute original (peut-être l'auteur craint-il de verser dans le mélo ?), mais je trouve que son côté assez artificiel finit par lasser. De même pour le style, qui pâtit de ce procédé, et auquel je n'ai pas vraiment réussi à m'habituer.

 

J'ai donc achevé ma lecture avec un mélange de mécontentement et de frustration, car je pense être passée à côté d'un grand livre. Les thèmes développés, riches en émotions, poussent aussi à la réflexion, notamment quant au caractère vain de toute guerre et à la propension qu'ont les hommes à la destruction.

 

Heureusement, l'accent est également mis sur l'importance de l'espoir et l'impact des choix individuels, qui font perdurer l'humanité  au sein même de la pire barbarie. J'ajoute que les personnages hors normes et attachants (sans même parler de la narratrice) vous font vibrer au gré de leurs aventures. Une seconde lecture me permettra sans doute de moins me focaliser sur le style et donc d'apprécier davantage ce roman, quand même prometteur.

 

 

Ma note :


 

 5-etoiles.jpg Cinq étoiles (sur dix).

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 16:37

 

 

 

LES ROBINS DES BOIS, L'histoire de France de avant à maintenant

 

 

 

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Présentation de l'éditeur :

 

Du premier hominidé à la Ve République, les Robins des Bois retracent l'Histoire de France avec rigueur : seuls les dates et les faits sont approximatifs.

Si tu crains de réussir ton bac ou de passer en classe supérieure,

Si tu es plus vieux que ton proviseur,

Si tu es en CE2 et que tu as trois enfants,

Si tu es barbu et que tu es à la maternelle,

Ce livre s'adresse à toi.

Grâce à lui tu pourras continuer à copier sur ton petit-fils en cours d'anglais, ôter ton dentier pour manger un twicks,

Compter tes points retraite avec ta maîtresse.

 

 

Les auteurs :

 

Les Robins des Bois, troupe de six comédiens de théâtre créée en 1996, compte dans ses rangs Pierre-François Martin-Laval, Marina Foïs, Jean-Paul Rouve, Maurice Barthélémy, Élise Larnicol et Pascal Vincent. Leur nom de scène vient de leur première pièce à succès, Robin des Bois, d'à peu près Alexandre Dumas.

 

 

Année de publication : 2004

 

 

Extrait :

 

AVANT-PROPOS


[...] Il nous semble que ce chef d'oeuvre de pédagogie devrait permettre à l'enfant, quels que soient ses revenus, d'acquérir des connaissances solides et sexuelles.

En effet, l'acquis de certains repères spatio-historiques en travers d'événements pointilleux devrait permettre un réel.

(Attention, cette phrase inachevée ne veut rien dire).

 

En vous souhaitant une bonne lecture, nous vous souhaitons une formule de politesse.

Les auteurs.*

 

 

*n'hésitez pas à nous appeler "les hommes de lettres" (note manuscrite)

 

 

 


 

 

Mon avis :

 

Avec ce livre on atteint en quelque sorte les limites de la critique, puisqu'il s'agit de juger cette perception toute personnelle qu'est l'humour. Celui-ci étant par essence extrêmement subjectif, cet article, plus que jamais, n'engagera que moi (à moins bien sûr d'être déjà familier avec l'univers de la troupe des Robins des Bois).

 

L'histoire de France de avant à maintenant aurait fort bien pu appartenir à la fameuse série dite Pour les nuls, mais alors au sens le plus littéral du terme ! En effet, vous ne trouverez ici aucune cohérence dans le propos et pléthore d'erreurs ou d'approximations, clairement revendiquées. Il faut donc voir ce livre comme une sorte de sketch version écrite, uniquement voué à faire rire.

 

Pour ce qui est du fond, et si difficile que soit l'analyse du comique, on peut quand même avancer que l'hilarité à la lecture provient des nombreux anachronismes, des inventions pures et simples, des raccourcis chronologiques, des décalages constants entre passé et présent, le tout pimenté par quelques allusions aux rôles stéréotypés de chacun au sein de la troupe (ce qui ne parlera qu'à ceux les connaissant déjà).

 

Il est donc assez risqué de disséquer une forme d'humour, surtout quand elle est aussi protéiforme que la leur, mais j'y discerne tout de même quelques ingrédients : un esprit très potache, puisant allègrement dans le monde naïf et parfois cruel de l'enfance, des pointes de surréalisme (un peu à la manière des Monty Python) et parfois des moments de trivialité, à la limite du vulgaire.

 

S'il est exact que nous sommes faits pour un type d'humour en particulier, alors celui des Robins des Bois me correspond parfaitement. Cela ne m'empêche pas d'apprécier par ailleurs des niveaux plus cérébraux (à la Woody Allen, par exemple), mais pour ce qui est du rire irrépressible et avouons-le, primaire, l'efficacité de ce livre sur moi est maximale !

 

Avant de conclure, je veux aussi rendre hommage à la mise en page de cet ouvrage. Je la trouve particulièrement élaborée et réussie, car elle correspond parfaitement à l'énergie inventive, souvent foutraque et explosive, que dégagent sur scène les Robins des Bois. Cette transcription d'un rythme et d'un bouillonnement qui leur est propre, de façon concrète et visuelle, est ici fidèlement rendue par trois techniques principales.

 

Tout d'abord les collages, omniprésents, multicolores et multiformes à base de photos, coupures de presse, matières diverses (comme du tissu ou des cheveux), apportent au livre une variété et une esthétique bien marquées, au service de l'humour, qu'ils contribuent à souligner et renforcer.

 

Ensuite, les annotations manuscrites (toujours de la même main, d'une écriture assez enfantine) qui viennent remettre en question les informations "officielles" en caractères d'imprimerie. De facture très libre, elles adoptent différentes tailles et peuvent aussi bien apparaître à la verticale qu'à l'envers, renforçant le dynamisme des pages. Elles peuvent également prendre la forme de ratures venant se superposer au texte imprimé.

 

Enfin, la multiplicité des couleurs, des polices de caractères, des textures des papiers servant de fond, des illustrations (allant des photos aux dessins d'enfants, en passant par des miniatures ou des gravures d'époque), tous employés à bon escient dans une maquette très hétéroclite au premier regard, mais en fait extrêmement soignée et bien pensée. Loin d'être anecdotique, la mise en page offre ainsi un plaisir visuel non négligeable tout en servant le propos général.

 

Vous l'aurez compris, si ce livre ovni me fait pleurer de rire (même à la dixième lecture !), il n'en sera sans doute pas de même pour tout le monde, aussi mieux vaudrait peut-être visionner d'abord quelques oeuvres des Robins des Bois (je pense à la saga "historique" La cape et l'épée) afin de voir s'ils parviennent à vous embarquer dans leur univers très particulier.

 

Par contre, à tous les fans de la première heure, cette lecture hilarante est chaudement recommandée !

 

 

Ma note :


 

  7 étoilesSept étoiles (sur dix).


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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 16:22

 

 

 

Laura INGALLS WILDER, La petite maison dans la prairie, T1 à 8


 

 

Laura Ingalls Wilder, La petite maison dans la prairie T1

Laura Ingalls Wilder, La petite maison dans la prairie T2Laura-Ingalls-Wilder--La-petite-maison-dans-la-prairie-T3.jpg

 

Laura-Ingalls-Wilder--La-petite-maison-dans-la-prairie-T4.jpgLaura-Ingalls-Wilder--La-petite-maison-dans-la-prairie-T5.jpg Laura Ingalls Wilder, La petite maison dans la prairie T6

 

Laura-Ingalls-Wilder--La-petite-maison-dans-la-prairie-T7.jpgLaura-Ingalls-Wilder--La-petite-maison-dans-la-prairie-T8.jpg

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

 

Tome 1, La petite maison dans la prairie (Little house in the big woods)

 

La famille Ingalls (Charles, Caroline et leurs filles Marie, Laura et Carrie) quitte sa petite maison de rondins dans les grands bois du Wisconsin pour tenter sa chance plus à l'Ouest. Après un long voyage en chariot bâché, ils décident de bâtir leur maison au beau milieu d'une immense prairie. Il leur faudra apprivoiser cet environnement et notamment cohabiter avec les Indiens... et les loups.

 

Tome 2, Au bord du ruisseau (On the banks of Plum Creek)

 

Laura et sa famille, ayant été expulsés de leur nouvelle terre par le gouvernement, décident de repartir vers l'Ouest. Après un nouveau périple en chariot, ils vont s'installer dans une curieuse maison, creusée dans la berge d'un ruisseau. C'est là que Laura rencontrera une certaine Nelly Olson...

 

Tome 3, Sur les rives du lac (By the shores of Silver Lake)

 

Après un hiver trop rude, la famille Ingalls (qui compte un nouveau membre en la personne de la petite Grace) est contrainte d'aller s'installer dans le Dakota, où Charles accepte un emploi sur la ligne de chemin de fer, alors en construction. Tous quittent donc à regret la petite maison au bord du ruisseau pour découvrir la ville...

 

Tome 4, Un enfant de la terre (Farmer boy)

 

On suit dans ce volume la jeunesse du futur mari de Laura, Almanzo Wilder, dans les années 1860, au nord de l'état de New York. Fils d'agriculteurs plutôt aisés, il mène quand même une vie rude, rythmée par les corvées et les travaux des champs.

 

Tome 5, Un hiver sans fin (The long winter)

 

Charles Ingalls travaille toujours sur la ligne de chemin de fer et sa famille le suit en ville en prévision de l'hiver. Ce dernier sera exceptionnellement long et rigoureux, obligeant chacun à lutter pour sa survie. C'est alors qu'Almanzo Wilder entre en scène, sauvant la ville piégée en plein blizzard et à court de blé.

 

Tome 6, La petite ville dans la prairie (Little town on the prairie)

 

Le temps des beaux jours est revenu pour la famille Ingalls. La petite ville, De Smet, prospère et s'agrandit avec la venue de nouveaux pionniers dans la plaine du Dakota. Laura étudie en vue de devenir institutrice et travaille après la classe comme couturière afin d'avoir suffisamment d'argent pour envoyer Marie dans une école pour aveugles.

 

Tome 7, Ces heureuses années (These happy golden years)

 

Laura n'a pas 16 ans lorsque son père la conduit en chariot, à des kilomètres de là, pour qu'elle prenne son premier poste d'institutrice dans un hameau isolé. Pour Laura, c'est une nouvelle existence qui commence, loin de chez elle, dans un foyer où règne la violence. Heureusement, Almanzo lui fait la cour, ce qui lui pemet de tenir et ne la laisse pas indifférente...

 

Tome 8, Les jeunes mariés (The first four years)

 

Il s'agit du dernier volume autobiographique retranscrit par Laura. Elle y raconte les débuts plus que difficiles de sa nouvelle vie de femme, durant les quatre premières années de son mariage avec Almanzo. Une petite Rose naîtra de cette union, seul bonheur de ces années bien noires.

 

 

L'auteur :

 

C'est encouragée par sa fille Rose que Laura Ingalls Wilder (1867-1957) se lance dans l'écriture, choisissant sa propre enfance au sein d'une famille de pionniers à la fin du 19e siècle comme sujet de sa série d'ouvrages mondialement connus, La petite maison dans la prairie.

 

 

Années de publication : 1932-71

 

 

Premières lignes :

 

"Il y a très longtemps, quand tous les grands-pères et toutes les grands-mères n'étaient que des petits garçons ou des petites filles, ou même de très petits bébés, s'ils étaient déjà nés, Papa, Maman, Marie, Laura et bébé Carrie quittèrent la petite maison où ils vivaient, dans les grands bois du Wisconsin."

 

 


 

 

Mon avis :

 

Je vais à nouveau (voir ma critique du Petit Nicolas) m'intéresser ici à la littérature pour enfants avec un cycle on ne peut plus classique, à savoir les huit tomes de La petite maison dans la prairie. J'imagine que pour la majorité des gens, ce titre renvoie à une série télévisée interminable et multi diffusée des années 80. Certains en revanche, dont je fais partie, ont peut-être eu la chance de découvrir d'abord les livres et de comprendre ainsi toute leur portée.

 

En effet, même si cette série pleine de bons sentiments est plutôt agréable à regarder, il faut préciser qu'elle ne dépeint qu'un infime pourcentage des ouvrages, laissant de côté tout ce qui contribue justement à l'exaltation du lecteur : l'évocation des grands espaces, du mode de vie nomade, de la vie en quasi autarcie et de l'esprit aventureux qui animait les pionniers du Grand Ouest américain.

 

Dans la série, la famille Ingalls se sédentarise rapidement et dès lors, tous les personnages secondaires rencontrés (à part la fameuse Nelly Olson !) et les aventures vécues sont inventées de toutes pièces par les scénaristes. De plus, les histoires se terminent presque toujours bien et certaines manquent parfois de vraisemblance.

 

Rien de tel dans les souvenirs de jeunesse que Laura Ingalls Wilder a retranscrits. Au fil de la lecture, on se laisse emporter au gré des cahots du chariot bâché dans lequel sa famille se déplace, toujours plus à l'Ouest, son père étant mu par une soif de liberté qui lui rend insupportable la vue de la moindre barrière. Au travers des yeux émerveillés de Laura, on entre de plain-pied au sein d'une famille de pionniers transportant le minimum vital mais quand même capable de tout rebâtir n'importe où, souvent à partir de rien.

 

Il est fascinant de découvrir leur vie, souvent très dure, basée sur une extrême polyvalence permettant leur auto-suffisance : construire leur maison, leurs outils, cultiver leurs champs, élever leur bétail, fabriquer leurs vêtements... ils savent tout faire et vivent en remarquable harmonie avec la nature, un idéal bien utopique de nos jours...

 

Lorsqu'ils emménagent en ville, on découvre ces agglomérations poussant comme des champignons au gré des travaux sur la ligne de chemin de fer, ainsi que leur extension progressive. Ces livres offrent également pour qui veut une vision presque ethnographique de la ruralité, de la religion, des moeurs et du système éducatif de cette époque, qui voit cohabiter extrême dénuement et révolutions technologiques (machine à coudre, train, télégraphe...).

 

Face à ces multiples bouleversements, inutile de dire que l'on s'attache fortement aux membres de cette famille, surtout à Laura, la narratrice, mais également à son père auquel elle voue une réelle adoration. Il faut souligner qu'elle évite les écueils de la mièvrerie et de l'angélisme en ne se donnant pas toujours le beau rôle. Avec honnêteté, elle ne nous cache rien de ses colères, de sa jalousie, de ses peurs et de ses quelques petits accès d'égoïsme,  ce qui l'humanise davantage que sa grande soeur Marie, plus lisse de caractère et souvent décrite comme une sorte de sainte.

 

Toute cette saga est donc fort riche en émotions, en rebondissements mais aussi en humour (dont Charles Ingalls n'était visiblement pas dépourvu), permettant plusieurs niveaux de lecture : les enfants prendront le récit au premier degré et vibreront au gré des aventures, alors que les adultes qui le (re)lisent y verront le témoignage vivant et inestimable d'une période extrêmement rebattue (à travers d'innombrables films, séries, bandes dessinées, romans) qui regagne ici toute sa densité, puisque répétons-le, il s'agit bien d'une histoire vraie.

 

Quant au style, les livres sont très bien écrits et traduits, dans une langue claire et fluide, de très bonne tenue et d'une grande fraîcheur, aux dialogues bien rythmés et aux descriptions toujours très précises (qu'il s'agisse d'une locomotive ou... d'une robe de bal !).

 

Je ne peux donc que chaudement recommander une telle lecture aux enfants (et à leurs parents) qui auront la chance de découvrir une saga dépaysante et instructive, véhiculant des valeurs simples mais justes (honnêteté, droiture, respect, ténacité, courage face à l'adversité, générosité), que nous aurions d'ailleurs tout intérêt à remettre au goût du jour...

 

 

Ma note :


 

7 étoilesSept étoiles  (sur dix).

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 08:14

 

 

 

Jon FASMAN, La bibliothèque du géographe

 

 

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Présentation de l'éditeur :

 

Paul Tomm, journaliste débutant, se pique d'élucider la mort mystérieuse de son ancien professeur d'histoire. Mais sa curiosité en contrarie plus d'un... Paul est confronté à des individus prêts à tout pour s'approprier d'inestimables reliques. Quels sont ces étranges objets, malfaisants, occultes, dispersés depuis le XIIe siècle à travers le monde ? Un thriller érudit dans lequel présent et passé mènent une danse endiablée.

 

 

L'auteur :

 

Né en 1975 à Chicago, Jon Fasman a travaillé comme journaliste à Washington, New York, Moscou, Londres. La Bibliothèque du géographe, son premier roman, est déjà traduit en une dizaine de langues.

 

 

Titre original : The geographer's library

 

 

Année de publication : 2005

 

 

Premières lignes :

 

"Chère H,

Je te croyais morte. En tout cas, je ne m'attendais pas à avoir de tes nouvelles."

 

 


 

 

Mon avis :

 

Encore un énième livre surfant sur la vague lucrative de l'occultisme et de l'ésotérisme, thèmes très à la mode depuis la sortie du Da Vinci code. De même, encore un énième livre bénéficiant de critiques élogieuses, vantant notamment sa traduction en une pléthore de langues, gage de qualité apparemment indéniable.

 

Ayant de nombreuses fois déjà été déçue par ce type de "littérature" (voir l'article consacré à L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón), j'étais plus que circonspecte en le commençant, si bien que je dois reconnaître que dans sa médiocrité, il aura au moins réussi à ne pas me décevoir.

 

Qu'obtient-on en mettant dans un bocal une pincée de sciences occultes, un soupçon de verbiage pseudo-scientifique, une bonne louche de construction volontairement déconstruite et un zeste de trame policière ? Après mélange et digestion : un roman boursouflé et prétentieux qui frustre son lecteur.

 

L'intrigue développée ici, à base d'allers et retours artificiels entre le passé et le présent (procédé employé à l'envi, sans doute pour faire moderne, mais surtout pour masquer la faiblesse de l'histoire), part du meurtre d'un enseignant d'université, pour finir sur la piste d'objets mystérieux, convoités par certaines personnes n'hésitant pas à faire place nette pour pouvoir les posséder.

 

Hélas, cette histoire emberlificotée traîne en longueur, mettant ma patience à rude épreuve, d'autant que le héros, par ailleurs apprenti journaliste (clin d'oeil de l'auteur à ses propres débuts ?), ne parvient pas à m'embarquer dans sa quête rocambolesque. Pas d'identification aux personnages, manque de rythme, saupoudrage soi-disant érudit pour épater le lecteur, style banal et sans saveur... bref, de ce pensum vous pouvez donc aisément vous dispenser !

 

Si vous êtes en recherche d'ouvrages mêlant Histoire et aventures (parfois policières), lisez Le nom de la rose (vous comprendrez par la même occasion ce que "roman érudit" veut vraiment dire !), ou dans un genre plus modeste, Jésus vidéo et Le dernier Caton (commenté sur ce blog), ce qui vous épargnera ainsi une lecture fastidieuse et finalement bien décevante.

 

 

Ma note :


 

1 étoileUne étoile (sur dix).

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 14:31

 

 

 

Caleb CARR, Le secrétaire italien

 

 

 

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Présentation de l'éditeur :

 

L'affaire commence lorsque Holmes reçoit un télégramme de son frère Mycroft l'appelant à l'aide. Proche conseiller de la reine Victoria, ce dernier craint pour la vie de la souveraine. Fait étrange, deux de ses serviteurs ont été percés de plus de cinquante coups de poignard, exactement comme le secrétaire italien de Marie Stuart, assassiné trois siècles plus tôt. Il n'en faut pas plus à Holmes et à son fidèle Watson pour accourir sur les lieux du drame et démontrer que la force de déduction vient forcément à bout de l'inextricable quand il s'agit de défendre l'ordre, l'Empire et la reine Victoria !

 

A la demande des héritiers de Conan Doyle, Caleb Carr a imaginé une nouvelle aventure de Sherlock Holmes, qui renoue avec l'atmosphère surnaturelle du Chien des Baskerville. Ni pastiche, ni parodie, un bel hommage au plus célèbre des détectives.

 

 

L'auteur :

 

Né à Manhattan en 1955, Caleb Carr est diplômé d'histoire. Avec L'Aliéniste (Grand Prix de littérature policière 1996) et L'Ange des ténèbres, publiés aux Presses de la Cité, il est devenu un maître du thriller historique, mondialement reconnu.

 

 

Titre original : The italian secretary

 

 

Année de publication : 2005


 

Premières lignes :

 

 

"Le recueil des nombreuses aventures que j’ai entreprises en compagnie de M. Sherlock Holmes ne contient que quelques exemples de ces occasions particulières de servir le pays qu’aucun loyal sujet de ce royaume ne saurait refuser."

 

 


 


Mon avis :

 

Presque dix ans que les fans de Caleb Carr, dont je suis, attendaient la publication d'un nouveau roman de la part du mythique auteur de L'aliéniste et de L'ange des ténèbres. C'est donc avec un a priori plus que favorable que je me suis jetée sur Le secrétaire italien, qui non content d'être écrit par Carr, reprenait, à la demande de la famille de Sir Arthur Conan Doyle, le personnage non moins mythique de Sherlock Holmes. Dire alors que cette lecture fut une déception est en dessous de la réalité, la frustration étant à la mesure de l'attente : immense.

 

Je dois préciser, à mon grand regret, que seule l'atmosphère brumeuse et mystérieuse des paysages écossais est relativement bien rendue dans ce livre, pour tout le reste, c'est un désastre. L'intrigue tout d'abord, inutilement emberlificotée, se révèle bien vite aussi creuse qu'ennuyeuse, si bien que l'on peine à parvenir au dénouement, lequel déçoit également. De même, le choix revendiqué d'avoir recours au surnaturel, en hommage au Chien des Baskerville, ne m'a pas convaincue et en devient plus risible qu'effrayant.

 

Quant aux personnages, si Watson est plutôt bien campé (parfois même tête à claques dans sa suffisance), le héros qui devrait pourtant dominer toute l'oeuvre est curieusement inexistant, comme réduit à jouer les seconds rôles dans sa propre histoire. Peut-être cela provient-il des scrupules de l'auteur, confronté à une telle vache sacrée. Quoi qu'il en soit, le personnage de Holmes semble le mettre mal à l'aise, peut-être aussi par peur de s'aliéner une partie des puristes de Conan Doyle. Mais ce faisant, il perd également les néophytes, vite lassés par ce détective falot.

 

L'écriture et la construction de l'ouvrage ne parviennent pas à sauver l'intrigue, le style de Caleb Carr manquant du souffle et de la densité que l'on serait en droit d'attendre de la narration d'une telle enquête. Le manque de rythme est préjudiciable au suspens, de même que la brièveté du livre l'est à sa qualité : on a l'impression d'un travail bâclé et fini à la hâte.

 

Ceci étant, il semble incroyable que l'auteur de ce livre médiocre soit également celui de L'Aliéniste et de L'ange des ténèbres, deux romans puissants, haletants, extrêmement bien documentés, peuplés de personnages forts et attachants. Deux romans qui vous poursuivent encore, longtemps après leur lecture. On peut en déduire que les oeuvres de commande ne réussissent pas à Caleb Carr, qui s'est trouvé comme écrasé à la perspective de devoir rivaliser avec une institution telle que Sherlock Holmes.

 

Ma frustration vient de ce qu'il aurait pu (même sans révolutionner le genre) mettre son empreinte en recréant un monde très noir, une ambiance poisseuse, des personnages complexes et ambivalents comme il sait si bien le faire. Au lieu de ça, il semble avoir été prisonnier de ses célèbres personnages et des codes qui leur sont attachés, sans  jamais pouvoir se défaire de ces contraintes. Son roman est donc à cette image : respectueux de l'original, mais sans âme.

 

 

Ma note :


 

2 étoilesDeux étoiles (sur dix).

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  • Rousseau / Voltaire
  • Correctrice-relectrice ayant une formation d'historienne de l'art, je suis passionnée de lecture et de tout ce qui a trait à la culture : dessin, photographie, expositions, cinéma. N'hésitez pas à visiter mon site de corrections orthographiques : www.lafauteavoltaire.fr
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