Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 12:03

 

 

 

 

Paul HARDING, La galerie du rossignol

 

 

 

Paul-Harding--La-galerie-du-rossignol.jpg

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

Après Hugh Corbett et Kathryn Swinbrooke, Paul C. Doherty - cette fois sous le pseudonyme de Paul Harding - nous présente un nouveau " grand détective ", frère Athelstan, un dominicain de vingt-huit ans, féru d'astronomie, assistant éclairé de Sir John Cranston, coroner de Londres. Cette première enquête se déroule en 1377, au lendemain de la mort du fameux Prince Noir, bientôt suivi dans la tombe par son père, le roi Edouard III. Alors que la couronne d'Angleterre tombe aux mains d'un enfant, le futur Richard II, les intrigues de la noblesse se succèdent et une terrible lutte de pouvoirs va déchirer le pays, entraînant la désapprobation de l'Église et des grands négociants de la capitale. Après l'assassinat ignoble de l'un d'eux, quelques jours après le décès du roi, le coroner et frère Athelstan entrent en scène. Leur mission va les mener des taudis de Whitefriars aux ors et aux fastes de la Cour.

 

 

L'auteur :

 

Paul Charles Doherty est né en Angleterre en 1946. Après avoir été tenté par la prêtrise, il étudie l'histoire à Oxford et devient professeur d'histoire médiévale. Directeur depuis presque trente ans du Trinity Catholic High School, il est également un auteur à succès, avec plus de 80 ouvrages publiés à ce jour, sous sept pseudonymes différents : Paul Harding, Paul C. Doherty, C. L. Grace, Vanessa Alexander, Michael Clynes, Anna Apostolou et Ann Duthkas. Il a créé plusieurs séries policières historiques, chacune mettant en scène un ou des héros récurrents, dont les plus célèbres sont Frère Athelstan et Sir John Cranston, Coroner de Londres, Hugh Corbett, espion du Roi, ou encore Kathryn Swinbrooke, apothicaire à Cantorbery.

 

 

Titre original : The nightingale gallery

 

 

Année de publication : 1991

 

 

Premières lignes :

 

"Le vieux roi se meurt." Le vent s'emparait de la rumeur et la propageait le long de la Tamise. Les bateliers la murmuraient et les cogghes de mer au ventre rond l'emportaient sur la côte. Edouard déclinait ; le grand et blond vainqueur de la France, le nouvel Alexandre de l'Occident, se mourait."

 

 

 


 

 

Mon avis :

 

 

La galerie du rossignol est le premier livre de la série que Paul Doherty a consacrée à son surprenant tandem d'enquêteurs médiévaux, Frère Athelstan et Sir John Cranston. C'est également le premier ouvrage de cet auteur que j'ai eu l'occasion de lire, ce qui m'a ensuite donné envie de découvrir certaines de ses autres séries en cours, tout aussi réussies.

 

Ce roman policier nous entraîne dans les rues et venelles de la ville de Londres à la fin du XIVe siècle, à la poursuite d'un meurtrier qu'un jeune Frère Dominicain et le Coroner de la ville, sommés de collaborer, sont censés démasquer. Nous sommes ici en présence de deux antihéros, mais les apparences sont trompeuses : au premier abord, Frère Athelstan semble timide et effacé, tandis que les colères de Cranston font trembler les suspects, du moins lorsque son penchant pour le clairet contenu dans sa "gourde miraculeuse" ne l'endort pas purement et simplement en plein interrogatoire...

 

Cependant, derrière cette façade peu flatteuse, on découvre bientôt que le premier se montre fort observateur, doué de logique et d'esprit d'analyse, tandis que le second cache un grand coeur, beaucoup de courage et une certaine ruse sous un tempérament emporté et soupe au lait. Malheur à ceux qui feront l'erreur de les sous-estimer !

 

L'enquête qui les occupe ici permet au lecteur d'explorer une Londres médiévale, dépeinte de façon à la fois vivante et instructive. À plusieurs reprises, j'ai critiqué sur ce blog des romans historiques (voir La dame de Pérouges, ou Poisons) pour leur manque de solidité quant aux références employées. Quand je disais que j'étais devenue difficile à force de lire des ouvrages exemplaires en la matière, je pensais notamment à ceux de Paul Doherty.

 

De toute évidence, il ne s'agit pas de la même catégorie d'écrivain, ce dernier étant, avant tout, un véritable historien. Cela signifie une documentation très solide et des recherches poussées en amont de l'écriture du livre, soit pour le lecteur une confiance totale quant à la véracité de ce qui lui est raconté. C'est ainsi que dans cet ouvrage, on apprend de nombreux détails passionnants sur les différents modes de vie de l'époque, mais aussi sur la religion, ou encore sur la politique et ses luttes de pouvoir en une période aussi troublée que méconnue, surtout du public français.

 

Les deux héros forment un tandem attachant qui peut d'abord sembler décalé, voire improbable, mais au fil des pages on réalise que ces deux-là, chacun dans son rôle,  se complètent parfaitement, le contraste entre leurs deux personnalités réjouissant le lecteur. L'auteur n'oublie pas pour autant les personnages secondaires, nombreux et bien campés, que l'on aura pour certains le plaisir de retrouver au fil des opus suivants. Je pense en particulier aux fidèles ouailles d'Athelstan, des paroissiens hauts en couleur, formant une sorte de Cour des Miracles dans l'un des quartiers les plus défavorisés de la ville, Southwark.


Paul Doherty excelle dans la description des milieux sociaux, quels qu'ils soient : le luxe de la haute aristocratie comme la fange du petit peuple, à travers les belles demeures, les palais ou les masures, les ruelles, les tavernes, les petits métiers... L'ambiance est tellement bien rendue (presque cinématographique) que l'on s'y croirait. Cela vient du fait que tous les sens sont mis à contribution, l'auteur évoquant non seulement les couleurs, mais également les odeurs et les sons de cette ville protéiforme, dont se dégage une incroyable humanité.

  

Quant à l'intrigue, astucieuse et bien menée, elle se place dans la grande tradition "agathachristienne" du whodunit, de "who done it ?", terme consacré pour parler des romans policiers où l'on ne découvre le coupable qu'à la toute dernière page. Des indices sont semés tout au long du livre, et comme le lecteur ne connaît pas l'identité du coupable (même si on lui dévoile quelques éléments de plus qu'aux héros), il devra mener ses propres déductions dans l'attente de la révélation finale, en présence de tous les suspects potentiels, comme il se doit !

 

Dans cette optique, la dynamique du récit tient à plusieurs rebondissements et au suspens qui s'installe, obligeant le lecteur à se prendre au jeu. Bien écrits, les dialogues sont truculents et souvent pleins d'humour, grâce notamment au caractère jovial de Sir John et à ses mémorables jurons ("Par le cul du Diable !" ou encore : "Par les tétons de la Reine Mab !"), qui ne sont que plus drôles, proférés devant un Frère Athelstan qui se doit de rester stoïque.

 

Je dois également souligner un détail d'importance : le texte est extrêmement bien traduit, ce qui tient du tour de force, quand on songe à la présence de nombreux termes médiévaux et au langage plus que coloré du Coroner. Bravo aux traductrices pour avoir su rendre fidèlement la langue de l'auteur, si savoureuse à lire.

  

Premier d'une série comptant à ce jour dix tomes, Paul Doherty pose dans ce livre les bases d'un duo d'enquêteurs dont la relation gagnera en profondeur au fil des ouvrages, tous très réussis. La recette d'un tel succès ? Comme avec la danse, où tout doit sembler facile, naturel et léger pour faire oublier des heures de répétitions acharnées, on devine ici un important travail de recherche, d'écriture et de construction, conférant à la lecture ce mélange de fluidité et de rouages complexes, mais parfaitement ajustés.

 

 

 

Ma note :


 

8 étoilesHuit étoiles (sur dix).

Partager cet article

Repost 0

commentaires

neodymium magnet 10/09/2014 13:03

The Charles Paul Doherty has done a great work that this read is very much interesting with the story of the gallery of the nightingale. This is the beginning of the series of books that capture our minds.

Présentation

  • : La faute à Rousseau
  • La faute à Rousseau
  • : Rendez-vous au fil de mes lectures... pour donner envie de partager, mais aussi pour éviter de se lancer dans ce qui selon moi n'en vaut pas la peine ! Ouverture d'esprit et subjectivité assurées et assumées !
  • Contact

Profil

  • Rousseau / Voltaire
  • Correctrice-relectrice ayant une formation d'historienne de l'art, je suis passionnée de lecture et de tout ce qui a trait à la culture : dessin, photographie, expositions, cinéma. N'hésitez pas à visiter mon site de corrections orthographiques : www.lafauteavoltaire.fr
  • Correctrice-relectrice ayant une formation d'historienne de l'art, je suis passionnée de lecture et de tout ce qui a trait à la culture : dessin, photographie, expositions, cinéma. N'hésitez pas à visiter mon site de corrections orthographiques : www.lafauteavoltaire.fr

Mentions légales : droit d'auteur

L'internaute s'interdit de reproduire et/ou d'utiliser les textes et logos présents sur le site http://lafautearousseau.over-blog.com/, ainsi que de modifier, copier, traduire, reproduire, vendre, publier, exploiter et diffuser dans un format numérique ou autre, tout ou partie des textes, logos et données présentes sur ce site. La violation de ces dispositions impératives soumet le contrevenant, et toutes personnes responsables, aux peines pénales et civiles prévues par la loi.

Recherche

Archives