Partager l'article ! Markus ZUSAK, La voleuse de livres: Markus ZUSAK, La voleuse de livres ...
Markus ZUSAK, La voleuse de livres
Présentation de l'éditeur :
Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question : d'une fillette ; des mots ; d'un accordéoniste ; d'Allemands fanatiques ; d'un boxeur juif ; de vols.
L'auteur :
Markus Zusak, 35 ans, enseigne l'anglais à l'Université de Sydney. Il est l'auteur de plusieurs livres tous primés et les critiques du monde entier saluent son talent et sa virtuosité. Son roman La voleuse de livres a été traduit en plus de vingt langues.
Titre original : The book thief
Année de publication : 2005
Premières lignes :
"D'abord les couleurs.
Ensuite les humains.
C'est comme ça que je vois les choses, d'habitude.
Ou que j'essaie, du moins.
Un détail
Vous allez mourir."
Mon avis :
Lorsque j'ai commencé ce livre, je n'étais (pour une fois) pas au courant du battage médiatique dont il faisait l'objet, non plus que de la quasi unanimité des critiques élogieuses à son égard. Je n'avais pas la moindre idée du thème abordé, préférant toujours conserver un effet de surprise lors de ma lecture. Est-ce la combinaison de tous ces facteurs qui m'ont conduite à passer en quelque sorte à côté de ce roman ? En effet, je l'ai achevé avec un certain sentiment de frustration, mais aussi la certitude que je l'apprécierais bien mieux à la relecture, sachant cette fois à quoi m'en tenir.
Lorsque l'on entame ce livre, la première surprise est de découvrir l'identité pour le moins inédite de la narratrice : la mort elle-même. Ce choix original et audacieux permet de prendre du recul face aux faits et gestes des personnages, car la mort les observe, remettant les choses dans leur juste perspective (notamment la vanité de leurs actes) et attendant patiemment son heure.
L'histoire prend place dans un petit village allemand en 1939, lorsque l'héroïne, la petite Liesel, neuf ans, abandonnée par sa mère après la mort de son petit frère, arrive dans sa nouvelle famille d'accueil. Elle découvre à la fois un quartier, de nouveaux amis, et surtout ses parents adoptifs, Hans et Rosa, respectivement peintre en bâtiment et blanchisseuse.
Tout ceci se déroule dans un climat social délétère, plombé par les prémices de la Seconde Guerre mondiale. D'ailleurs, la famille de Liesel sera amenée à cacher dans sa cave un boxeur juif, Max, qui se liera d'amitié avec elle grâce à leur passion commune pour les livres. Car Liesel aime passionnément la lecture et n'hésite pas pour cela à voler des ouvrages lorsqu'elle en a l'occasion (lors d'un autodafé sur la place du village, par exemple).
Au fur et à mesure du récit, on s'attache fortement aux personnages principaux, surtout Hans, le père adoptif de Liesel, et Max, qu'il cache chez lui au mépris du danger. Tous deux partagent notamment un grand humanisme, une empathie envers leur prochain ainsi que le courage de tout risquer pour une cause qu'ils croient juste.
Ce roman exprime également la célébration des livres, du pouvoir de résistance et de résilience qu'ils procurent à ceux qui les possèdent et s'en nourrissent. D'autre part, il est intéressant de voir développé le sujet assez méconnu des Allemands ayant résisté aux nazis lors de la guerre, faisant passer leurs principes avant leur propre vie.
S'il ne s'était agi que de l'intrigue et des personnages, j'aurais réellement adoré ce livre, mais il souffre à mon sens d'un gros handicap en ce qui concerne la construction et le style. Très déroutants l'une comme l'autre, je dois dire que j'ai eu grand mal à entrer dans l'histoire, à tel point que j'ai failli abandonner ma lecture à plusieurs reprises. N'aimant pas laisser un livre en plan, je me suis forcée à continuer et heureusement, l'attachement croissant aux personnages aide à passer ce cap difficile.
Cependant, je dois souligner que de la construction très particulière des chapitres résulte une intrigue au rythme haché et saccadé, empêchant souvent toute empathie du lecteur avec l'histoire et les personnages, et donc par là même, toute émotion. Ce manque intentionnel de fluidité se veut sans doute original (peut-être l'auteur craint-il de verser dans le mélo ?), mais je trouve que son côté assez artificiel finit par lasser. De même pour le style, qui pâtit de ce procédé, et auquel je n'ai pas vraiment réussi à m'habituer.
J'ai donc achevé ma lecture avec un mélange de mécontentement et de frustration, car je pense être passée à côté d'un grand livre. Les thèmes développés, riches en émotions, poussent aussi à la réflexion, notamment quant au caractère vain de toute guerre et à la propension qu'ont les hommes à la destruction.
Heureusement, l'accent est également mis sur l'importance de l'espoir et l'impact des choix individuels, qui font perdurer l'humanité au sein même de la pire barbarie. J'ajoute que les personnages hors normes et attachants (sans même parler de la narratrice) vous font vibrer au gré de leurs aventures. Une seconde lecture me permettra sans doute de moins me focaliser sur le style et donc d'apprécier davantage ce roman, quand même prometteur.
Ma note :
Trois étoiles (sur cinq).
Que d'émotions !
Je viens d'ailleurs de publier mon avis sur ce livre sur mon blog...
Joli articles, je reviendrais ;)
Bonne continuation !!
Merci pour votre commentaire, la prochaine fois vous me donnerez l'adresse de votre blog, j'irai y jeter un coup d'oeil.
A bientôt sans doute, pour d'autres lectures...