Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 16:02

 

 

Lorris MURAIL, Ce que disent les nuages

 

 

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Présentation de l'éditeur :

 

Colin a été choisi comme messager. Du secret qu'il détient pourrait bien dépendre l'avenir d'une planète qui court à sa perte : la Terre. À moins qu'un maléfique adversaire ne cherche à en profiter pour son propre salut...

 

 

L'auteur :

 

Né au Havre en 1951, Lorris Murail, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et père de quatre filles, écrit depuis l'âge de seize ans, parfois à six mains, avec ses soeurs Elvire et Marie-Aude (Golem). Auteur de nombreux livres et de séries pour la jeunesse (Dan Martin), il est également critique littéraire, traducteur d'anglais et journaliste gastronomique !

 

 

Année de publication : 2009

 

 

 


 

 

Mon avis :

 

Visiblement, Lorris Murail est plutôt populaire dans le domaine de la littérature jeunesse (de même que ses soeurs), ce que j'ignorais lorsque j'ai entrepris la lecture de cet ouvrage, dans le but d'en faire la correction. Quant à en définir précisément la nature, disons qu'il tente de faire cohabiter mysticisme et science-fiction dans une sorte de parabole, ou de fable, à la portée assez ambitieuse.

 

On peut d'ores et déjà en juger d'après le synopsis : alors que la France subit les conséquences dramatiques d'un important réchauffement climatique, un enfant d'une dizaine d'années prénommé Colin, qui joue aux abords d'un puits à sec situé dans le jardin de ses parents, reçoit soudainement un mystérieux message délivré par un ange... avant de sombrer dans le mutisme.

 

Le secret qu'il détient malgré lui éveille alors la convoitise d'un milliardaire sans scrupules, Georges Murphy, qui espère trouver dans le décryptage de ces paroles rien moins qu'un chemin vers le mythique Jardin d'Éden, afin de s'y abriter de l'apocalypse qui semble proche. Après être parvenu à se faire confier l'enfant, il lui adjoint une institutrice et un garde du corps, Béatrice et Thomas, qui deviendront les alliés et protecteurs de Colin dans ce monde en déliquescence.

 

Le choix du contexte dans lequel se déroule l'histoire est intéressant : une Terre polluée et meurtrie par l'Homme, lequel commence à en subir les retombées dévastatrices, sous forme d'une sécheresse permanente. Le discours écologiste sous-jacent laisse entrevoir ce qui attend l'Humanité tout entière, du moins pour ceux qui ne seront pas élus, et donc pas sauvés.

 

Cette notion de rédemption irrigue en effet tout le livre, accompagnée de l'avertissement moral suivant : tout l'argent du monde ne pourra jamais acheter une conscience, ni même garantir le salut. Pour preuve, Murphy se retrouve aussi impuissant que les autres, en dépit de son immense fortune.

 

Second thème développé dans l'ouvrage, la lutte éternelle entre le Bien et le Mal, si profondément ancrée dans notre culture judéo-chrétienne. En illustration de ce message typiquement biblique, de nombreuses valeurs positives telles que l'altruisme, le sacrifice et le désintéressement sont récompensées, tandis que la convoitise et l'égoïsme de Murphy seront finalement punis.

 

S'appuyant sur une solide documentation, l'auteur disserte abondamment sur tout ce qui a trait aux anges décrits dans la Bible (fonctionnement, hiérarchie, typologie), ce que j'ai trouvé plutôt intéressant. Il est également agréable de se sentir dépaysé, notamment lorsque l'action se déplace au bout du bout du monde en Terre de Feu, donnant lieu à des descriptions parfois poétiques.

 

En ce qui concerne les personnages, je suis plus critique. Colin, l'enfant autour duquel tourne pourtant toute l'intrigue, est selon moi trop fade, trop en retrait par rapport à l'avalanche d'événements extraordinaires qui lui arrivent.

 

Cette passivité face à son destin (que l'auteur veut sans doute rendre comme de la sagesse) met rapidement une distance vis-à-vis du lecteur, qui ne parvient pas à s'y attacher, si bien que les personnages d'abord secondaires que sont Béatrice et Thomas finissent par lui voler la vedette. Précisons d'ailleurs que l'histoire d'amour qu'ils partagent, presque platonique, ne fait qu'ajouter à certains stéréotypes dont ils souffrent.

 

Quant au rythme, après une première partie plutôt statique et même un peu lente, les rebondissements se succèdent sans faiblir jusqu'à la fin de l'ouvrage. L'écriture agréable, fluide et maîtrisée, fait la part belle aux dialogues. Pour résumer, j'ai passé un assez bon moment de lecture, du moins jusqu'à ce qu'arrive la fin de l'ouvrage, hélas un peu... boursouflée.

 

C'est en effet l'occasion que choisit l'auteur pour basculer dans la science-fiction la plus pure et nous infliger de grands discours un brin pédants mêlant science, théologie et philosophie, ceci afin de développer certaines théories assez osées (voire fumeuses) sur la Vie, l'Homme et sa place dans le Monde.

 

Malgré cette fin décevante et tellement ouverte qu'elle m'a laissée avec plus de questions que de réponses, j'ai lu un livre néanmoins fort plaisant, transportant le lecteur dans un monde très semblable au nôtre et en même temps, très différent (heureusement pour nous). Nul doute que cette atmosphère originale et bien particulière plaira aux adolescents, cible principale de l'ouvrage.

 

 

 

Ma note :

 

3 étoiles Trois étoiles (sur cinq).

Par Rousseau / Voltaire - Publié dans : De trois à quatre étoiles
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 17:38

 

Claudie GALLAY, Les déferlantes

 

 

Claudie Gallay, Les déferlantes

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

La Hague... Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel. D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.

 

 

L'auteur :

 

Née en 1961, Claudie Gallay exerce encore à mi-temps son métier d'institutrice, en parallèle avec celui d'écrivain. Les déferlantes est son cinquième roman, sur un total de sept parus à ce jour.

 

 

Année de publication : 2008

 

 

Premières lignes :

 

"La première fois que j'ai vu Lambert, c'était le jour de la grande tempête. Le ciel était noir, très bas, ça cognait déjà fort au large.

Il était arrivé un peu après moi et il s'était assis en terrasse, une table en plein vent. Avec le soleil en face, il grimaçait, on aurait dit qu'il pleurait."

 

 


 

 

Mon avis :

 

Ce livre, emprunté et lu durant des vacances au bord de la mer (heureux hasard), était le premier de cet auteur que je découvrais, sans attente particulière puisque son nom m'était complètement inconnu. J'ai éprouvé d'emblée quelques difficultés à entrer dans ce roman, sans doute à cause du foisonnement des personnages, que j'avais du mal à situer, de l'intrigue qui peinait à se mettre en place, ainsi que du rythme, extrêmement lent.

 

Ayant fait l'effort de m'accrocher à cette lecture, son ambiance a fini par me gagner et je l'ai poursuivie avec plaisir. Dans ce récit, l'auteur s'empare des notions de manque et de vide au travers de sa narratrice, ornithologue venue vivre dans un petit village près de la Hague pour son travail, mais surtout pour guérir d'un amour perdu. Elle y rencontre toute une galerie de personnages dont un en particulier, Lambert, semble guidé par une démarche proche de la sienne.

 

Ce livre, assez sombre et plutôt pessimiste, est donc le biais par lequel l'auteur met en avant et développe certains thèmes graves, tels que la perte et le deuil d'un être aimé, les souvenirs, l'importance des racines familiales et le poids des secrets, mais également (et heureusement !) l'espoir d'un renouveau, d'une guérison et d'une reconstruction.

 

À l'image de Lambert et de la narratrice, qui tentent l'un comme l'autre de soigner leurs blessures intérieures, le lecteur croise de nombreux personnages plus ou moins torturés, à la psychologie fouillée, à l'exception notable de quelques uns (assez stéréotypés, voire même peu crédibles). De façon évidente, l'auteur a délibérément choisi de placer ses héros au sein d'une nature rude et tourmentée, induisant une sorte de parallèle entre elle et leurs propres démons.

 

D'ailleurs, la mer et les paysages sauvages du Cotentin sont bel et bien des personnages à part entière, jouant leur partition et créant une atmosphère très particulière, nostalgique, souvent lourde et parfois poétique. Petit bémol : j'avais eu plaisir à découvrir un territoire fort éloigné des clichés venant spontanément à l'esprit lorsque l'on évoque la Hague, cependant, j'ai lu par la suite de nombreux témoignages de protestation de la part de lecteurs natifs de cette région affirmant ne pas la reconnaître, au point qu'ils soupçonnent l'auteur de ne jamais s'y être rendue.

 

En ce qui concerne l'intrigue proprement dite, il faut reconnaître que le livre n'offre pas beaucoup d'action ni de rebondissements, surtout proportionnellement au nombre important de pages qu'il comporte. Quant au suspens, j'ai vu arriver d'assez loin la réponse aux mystères patiemment accumulés au long de l'histoire, laquelle est un peu cousue de fil blanc.

 

Pour en venir à présent à la forme adoptée par ce roman, j'ai déjà signalé son rythme très lent, accompagné de certaines longueurs et de répétitions, peut-être dans une volonté délibérée de la part de l'auteur de se calquer sur le mouvement des vagues. Si un réel effort d'originalité est indéniable, j'émets quelques réserves sur la systématisation de certains effets de style, qui à force semblent plutôt artificiels.

 

Très travaillé, le texte s'écoule avec fluidité, mais sa sécheresse et son âpreté m'ont parfois tenue à distance de toute émotion. Basé sur des phrases courtes et percutantes, le livre est structuré par des chapitres brefs et de nombreux dialogues, au ton un peu trop relâché à mon goût. Ceci, ajouté au sous-emploi de la ponctuation et à quelques tics de langage, m'ont fait regretter les phrases longues, riches et travaillées que j'affectionne en littérature.

 

Pour conclure, les choix narratifs originaux et le style bien particulier de l'auteur m'ont amenée à m'attacher difficilement aux personnages, lesquels éprouvent tellement de vide au fond d'eux-mêmes qu'ils en viennent à manquer de densité et ne sont pas assez présents pour ancrer durablement le récit dans l'émotion.

 

Si j'ai vraiment apprécié les superbes descriptions de la mer et de la nature sauvage, ainsi que l'atmosphère générale dans laquelle baigne le roman, j'ai cependant éprouvé à l'issue de ma lecture une légère sensation de frustration. En effet, j'ai eu l'impression, par certains aspects, de passer à côté de cette histoire sans y entrer complètement, comme s'il lui manquait quelque chose d'intangible pour qu'elle atteigne pleinement son propos...

 

 

 

Ma note :

 

3 étoilesTrois étoiles (sur cinq).

Par Rousseau / Voltaire - Publié dans : De trois à quatre étoiles
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 18:11

 

 

Jean M. AUEL, Les Enfants de la terre, T1 à 6

 

 

   Jean M. Auel, Les enfants de la terre T1    Jean M. Auel, Les enfants de la terre T2   Jean M. Auel, Les enfants de la terre T3   

   Jean-M.-Auel--Les-enfants-de-la-terre-T4.jpg   Jean-M.-Auel--Les-enfants-de-la-terre-T5.jpg   Jean-M.-Auel--Les-enfants-de-la-terre-T6.jpg

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

 

Tome 1, Le clan de l'ours des cavernes (The clan of the cave bear)

 

Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s'achève et la Terre commence à se réchauffer. En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et se sort des griffes d'un lion pour se réfugier auprès d'un clan étranger. On l'adopte. Très vite, ses gestes et ses paroles suscitent l'étonnement et l'inquiétude.

 

Tome 2, La vallée des chevaux (The valley of horses)

 

Passés la surprise et l'émerveillement suscités par Ayla, la jeune étrangère aux cheveux blonds qu'ils ont recueillie, les hommes du "clan de l'ours" ont pris peur de ses dons extraordinaires. Maudite et exilée, elle commence un long voyage solitaire, au bout duquel elle rencontrera deux jeunes gens insouciants et aventureux. 

 

Tome 3, Les chasseurs de mammouths (The mammoth hunters)

 

Pendant plusieurs saisons, Ayla et son compagnon Jondalar ont tout partagé. Ensemble ils ont eu peur et froid, et vécu dans une intimité du corps et de l'esprit qui a fait naître en eux un sentiment troublant et inconnu. Le clan des "chasseurs de mammouths" qui les accueille est stupéfait par ce couple de géants blonds aux yeux bleus qui savent monter à cheval et apprivoiser le loup. 

 

Tome 4,  Le grand voyage (The plains of passage)

 

Ayla et Jondalar poursuivent leur traversée des steppes immenses du continent européen, suscitant le trouble et l'effroi sur leur passage. Les peuples rudes qu'ils rencontrent vivent de la chasse et de la cueillette mais n'ont jamais vu d'animaux domestiques. Or, ce couple étrange se déplace à cheval, en compagnie d'un loup apprivoisé. D'où tient-il donc ses pouvoirs ? 

 

Tome 5, Les refuges de pierre (The shelters of stone)

 

Plus tard, des millénaires plus tard, cette région s'appellera le Périgord. C'est là que parviennent enfin Ayla et Jondalar au terme de leur fabuleux voyage. Quand ils atteignent la neuvième caverne, où Jondalar a grandi, l'accueil de la tribu Zelandonii est plutôt mitigé. On se méfie d'Ayla, de son étrange langage, du loup apprivoisé qui l'accompagne et de ces chevaux sur lesquels elle exerce un pouvoir troublant.

 

Tome 6, Le pays des grottes sacrées (The land of painted caves)

 

La Zelandoni, guérisseuse et chef spirituel de la Neuvième Caverne, choisit Ayla pour lui succéder un jour. Pour ce faire, elle doit suivre pendant plusieurs mois la grande prêtresse. Son initiation passe notamment par la visite des nombreuses grottes ornées de la région, l'occasion pour l'apprentie Zelandoni de découvrir des sites magnifiquement décorés, dont elle apprend à comprendre le sens.

 

 

L'auteur :

 

En 1977, alors âgée de quarante ans, l'Américaine Jean M. Auel décide de quitter son emploi, un poste à responsabilité dans une entreprise d'électronique. En attendant d'obtenir un travail plus stimulant, cette mère de cinq enfants se met à écrire une nouvelle consacrée à une femme de la préhistoire. Ainsi naît Ayla, l'héroïne des Enfants de la terre, une saga préhistorique qui s'est à ce jour vendue à plus de 45 millions d'exemplaires à travers le monde.

 

 

Années de publication :

1980 (tome 1), 1982 (tome 2), 1985 (tome 3), 1990 (tome 4), 2002 (tome 5),  2011 (tome 6).

 

 

Premières lignes :

 

"L'enfant nue quitta l'auvent de peaux de bêtes pour courir vers la crique nichée au creux d'un méandre de la petite rivière. Rien, depuis qu'elle était venue au monde, n'avait jamais menacé son refuge et ceux qui le partageaient avec elle." 

 

 


 

 

Mon avis :

 

Pendant des années, j'ai entendu certains de mes proches encenser cette saga préhistorique et insister fréquemment pour qu'à mon tour, je la lise. J'avais jusque là vaillamment résisté, mais c'était sans compter... le chantage. J'ai ainsi dû capituler et me lancer dans cette lecture imposante (près de 4 000 pages !) qui m'a tenue occupée durant les quatre derniers mois.

 

Tout ce préambule pour souligner le fait que je n'ai pas eu, à l'inverse de la plupart des amateurs de ces ouvrages, à attendre jusqu'à dix ou douze ans entre la parution de chaque volume, d'autant que le dernier est justement sorti tout récemment. Cela dit, j'ignore si on peut parler de chance, comme je l'expliquerai par la suite...

 

Pour commencer, je dois reconnaître certaines qualités à l'auteur, la première étant le volume impressionnant de ses recherches, lesquelles ne peuvent être mises en doute. J'admets également que sur des sujets précis, tels que la botanique, la climatologie, la zoologie, l'écologie ou l'artisanat, son implication réelle sous-entend un gigantesque travail de documentation. Elle-même explique d'ailleurs s'être rendue sur des sites de fouilles et avoir fait relire ses textes par des spécialistes.

 

On peut aussi la créditer d'avoir, dès le début de son oeuvre, réhabilité l'image très négative des néandertaliens, lesquels ont longtemps été vus comme des brutes stupides, ce qu'ils n'étaient évidemment pas. Ce message de tolérance et de respect, constamment martelé par l'héroïne, qui a grandi parmi eux, est l'une des leçons à tirer de ces romans.

 

Enfin, j'ai apprécié le discours faisant état de la féminité à cette époque. Ainsi, découvrir le fonctionnement de ces sociétés matriarcales, au sein desquelles les femmes étaient honorées et respectées, où les hommes n'avaient pas encore pris conscience de leur rôle fondamental dans la reproduction, m'a ouvert de nombreuses pistes de réflexion passionnantes.

 

Hélas, j'ai bien peur d'en avoir fini avec les points positifs... Mais avant tout, je dois honnêtement reconnaître que tous les volumes de la saga ne se valent pas. Les trois premiers sont incontestablement les plus intéressants, le quatrième traîne sérieusement en longueur et le cinquième est décevant, ce qui n'est rien à côté du dernier...

 

Mon premier reproche est ce choix de faire s'exprimer les personnages comme vous et moi, avec un vocabulaire et des notions qui semblent totalement anachroniques. Je comprends bien l'intérêt romanesque de cette option, mais elle n'a cessé de me gêner tout au long de la lecture. Ensuite, le mélange entre faits scientifiquement prouvés et pure fiction m'a déplu. Logiquement, tout ce qui touche à l'immatériel ne peut être qu'une invention : les rites religieux, les chants, les danses, les langages, etc. Cette confusion des genres m'a perturbée car je ne pouvais distinguer le vrai du faux.

 

En outre, dans un domaine aussi vaste que la paléoanthropologie, tant de choses restent à découvrir et à comprendre que les théories (voir celle d'Yves Coppens) fluctuent au gré des découvertes. Celles détaillées au début de la saga ayant près de trente ans, il serait étonnant que tout soit encore valable aujourd'hui. Ce manque de rigueur scientifique est donc pour moi rédhibitoire, de même que l'absence de toute bibliographie listant des sources, ou de notes explicatives différenciant les faits établis de l'invention, comme on en trouve chez des auteurs plus sérieux, Paul Harding ou Robert Merle, par exemple.

 

Mon troisième reproche concerne la totale invraisemblance régissant les multiples inventions ayant lieu (comme par hasard) dans un espace-temps très réduit, la quasi-totalité provenant d'Ayla, notre héroïne. Je citerai donc pêle-mêle : les points de suture, l'aiguille, le propulseur, le shampooing (avec des feuilles de saponaire), le briquet (avec des pierres), la luge, sans oublier les lunettes de soleil (à mettre au crédit de son compagnon Jondalar). J'ajoute qu'Ayla, véritable génie préhistorique, sait parler au moins cinq ou six langues (après seulement quelques jours d'apprentissage), et imiter à la perfection les cris des animaux qui l'entourent.

 

Le mot-clé ici est "perfection", puisque les deux héros de ces ouvrages, Ayla et Jondalar, ont été très largement gâtés par la nature (ou, devrais-je dire, par la Mère), au point d'être quasiment exempts de tout défaut. Certes, Ayla ne sait pas chanter et Jondalar fait parfois preuve d'une réelle stupidité quand il s'agit d'identifier ses sentiments ou ceux des autres, mais rien de plus.

 

Hélas, ce manichéisme frappe également les autres personnages : les gentils sont lisses et fades, les méchants, vraiment pas sympas. Il faut aussi souligner un réel paradoxe psychologique au sujet d'Ayla : présentée tout au long de l'oeuvre comme rien moins que la première féministe de l'Humanité, rebelle et libérée, elle demeure pourtant inexplicablement soumise face aux desiderata des hommes.

 

Autre ennui dans chaque tome : l'auteur semble juger indispensable de noyer ses lecteurs sous des flopées de nouveaux personnages secondaires (voire tertiaires), ne nous épargnant aucun de leurs fastidieux liens familiaux, alors qu'on ne les reverra plus par la suite. J'ajoute qu'au sein de chaque groupe, tous les prénoms se ressemblent, nous promettant une belle migraine lorsqu'il s'agit de les différencier (a fortiori quand on lit les ouvrages à plusieurs années de distance) !

 

Je dois également aborder un sujet lassant : l'omniprésence (tomes 1 et 6 exclus) de scènes de sexe entre Ayla et Jondalar, à la fois très détaillées et incroyablement répétitives, de par leur fréquence ET leur contenu (je parle ici de quasi mot à mot). Passée la justification du début (l'apprentissage d'Ayla dans ce domaine), elles s'avèrent bien vite ennuyeuses (même si le choix d'un vocabulaire particulièrement ridicule les rend parfois comiques), totalement gratuites et pour la plupart, inutiles.

 

Du point de vue de l'intrigue, l'auteur néglige inexplicablement d'exploiter plusieurs sujets, pourtant prometteurs : le Clan, dans lequel Ayla est élevée mais qu'on ne reverra plus par la suite, de même que son fils Durc qu'elle y laisse, le mystère de ses propres origines qui ne sera jamais résolu, ses talents de guérisseuse, ignorés dans les deux derniers tomes, et enfin sa fille, dont l'auteur se désintéresse rapidement.

 

Tous ces thèmes auraient pourtant mérité d'être abordés plus longuement, étoffés et développés, au lieu d'être juste effleurés, à la grande déception du lecteur. À l'inverse, la relation amoureuse (à l'eau de rose) entre les deux héros est quant à elle disséquée, délayée, répétée à l'envi. Faite d'hésitations et de malentendus, elle ne m'a pas convaincue, et même lassée par son manque de réalisme.

 

Après avoir évoqué le fond, j'en viens maintenant à la forme, c'est-à-dire au style. J'ai tout de suite été gênée par la façon dont l'auteur a plaqué de longs passages très érudits (à propos de botanique, de climat...) sur la trame de son histoire, sans que les deux soient suffisamment homogénéisés pour que la transition passe inaperçue. Car si la partie savante est de bonne tenue, dès que Jean M. Auel n'a plus recours à une béquille scientifique, la qualité de sa prose baisse. De plus, ses trop longues descriptions tuent le rythme, si bien qu'on finit par les sauter en espérant que l'intrigue avance enfin.

 

Ceci m'amène au problème crucial, à savoir les constantes, usantes et récurrentes répétitions. En effet, il est vraiment pénible, pour qui s'attelle à la lecture de cette saga d'une seule traite, de tomber toutes les dix pages sur des passages entiers reprenant à la lettre des épisodes des tomes précédents. L'auteur semble adorer la technique du copier-coller, laissant à penser qu'elle ne se relit pas d'un livre sur l'autre, sans quoi elle s'apercevrait forcément de la lourdeur de ce procédé.

 

Pourquoi ne pas avoir fait à la place un petit résumé des livres précédents, à l'entame de chaque ouvrage ? Ainsi, ceux qui en avaient besoin auraient eu plaisir à le lire et ceux dans mon cas, à le sauter ! Conséquence de tout ceci, j'ai pour la première fois de ma vie passé des paragraphes entiers et lu des dizaines de pages en diagonale afin d'éviter ce radotage. L'oeuvre souffrant d'un réel manque de concision, l'auteur aurait pu sans problème élaguer répétitions et longueurs, pour n'obtenir finalement que trois ou quatre tomes, largement suffisants.

 

La traduction, de bonne qualité au début du cycle, décline après un changement de personne, participant sans doute à la mauvaise impression d'ensemble. Quant à l'intrigue, elle s'essouffle peu à peu, jusqu'à faire du surplace dès le quatrième tome (un comble, puisqu'il relate un voyage !), et atteint l'apogée de l'insignifiance dans le dernier.

 

L'histoire y est copieusement délayée dans les trois premiers quarts de l'ouvrage (afin de maintenir le volume des formats précédents ?), après quoi l'auteur semble réaliser qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps pour inventer quelques maladroits rebondissements. Celui qui concerne Ayla et Jondalar (aussi ridicule que peu crédible au vu de leur passé commun), déçoit, de même que les intrigues annexes mettant en scène leurs ennemis, subitement et brièvement ressuscités avant de disparaître pour de bon, sans même en avoir tiré parti.

 

Bâclée, la fin est un véritable gâchis, alors que cette fresque méritait tout de même mieux que cela. Ce dernier tome étant vraisemblablement de commande, on sent que l'auteur, maintenant âgée, a surtout voulu contenter son éditeur (et le service marketing) en se contentant de resservir les restes (mal réchauffés) du tome 5... Dommage d'avoir fait patienter son lectorat pendant neuf ans pour un tel résultat !

 

Vous l'aurez compris, je n'ai pas été séduite par cette vision à l'eau de rose de la préhistoire, dont le slogan pourrait être : "Barbara Cartland au pays des mammouths". Pour les amateurs de lecture sur nos lointains ancêtres hominidés, je conseille plutôt le cycle préhistorique de cinq tomes de Pierre Pelot (collaboration scientifique d'Yves Coppens), intitulé Sous le vent du monde, et qui fait référence dans ce domaine.

 

 

 

Ma note :

 

2 étoiles  Deux étoiles (sur cinq).

Par Rousseau / Voltaire - Publié dans : De une à deux étoiles
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Vendredi 29 juillet 2011 5 29 /07 /Juil /2011 16:13

 

 

 

Arto PAASILINNA, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

 

 

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Présentation de l'éditeur :

 

À l'approche de la cinquantaine, le pasteur Oskar Huuskonen traverse une mauvaise passe. Son mariage bat de l'aile, sa foi vacille, ses prêches peu conformes aux canons de l'Église lui attirent les foudres de ses supérieurs et ses paroissiens le désolent. Comme si cela ne suffisait pas, ses ouailles décident de lui offrir pour son anniversaire un cadeau empoisonné : un ourson qui vient de perdre sa mère. Ruiné et l'esprit chagrin, Huuskonen décide de partir à l'aventure avec son ours. Un long périple qui les mènera de la mer Blanche à Odessa, Haïfa, Malte ou Southampton, en quête d'un sens à leur existence.

 

 

L'auteur :

 

Arto Paasilinna est né en Laponie finlandaise en 1942. Successivement bûcheron, ouvrier agricole, journaliste et poète, il est l'auteur d'une trentaine de livres, pour la plupart traduits en français et qui ont toujours rencontré un grand succès. Citons entre autres Le Lièvre de Vatanen, Petits suicides entre amis ou encore Un homme heureux.

 

 

Titre original : Rovasti Huuskosen petomainen miespalvelija

 

 

Année de publication : 1995 

 

 

Premières lignes : 

 

  «Le Diable rôde parmi nous tel un lion rugissant !"

Le pasteur Oskar Huuskonen, appuyé des deux mains à la balustrade de sa chaire, fixait d'un regard implacable les paroissiens de Nummenpää assemblés à ses pieds, la tête courbée sous le poids du péché.»

 

 

 


 

 

Mon avis :

 

Je connaissais seulement l'auteur de réputation lorsque j'ai entamé ce livre et c'est donc un euphémisme de dire que je ne m'attendais pas du tout à ce genre de littérature ! Un peu bêtement, je l'avoue, sa nationalité finlandaise m'avait conduite à imaginer une histoire austère et minimaliste, rédigée dans un style sec et dépouillé. Hélas, les préjugés sont inévitables et ce, dans tous les domaines.

 

Si j'ai été aussi surprise passées les premières pages, c'est que ce roman est l'exact opposé de ce que j'imaginais, soit un déroutant mélange d'absurde, de farfelu, parfois même de burlesque, voire de picaresque, tantôt très prosaïque, tantôt onirique, charmant, drôle, solaire et généreux.

 

Le pasteur Huuskonen, personnage principal de l'ouvrage, est à la fois coureur de jupons et un peu alcoolique sur les bords, avec un vrai grain de folie s'exprimant particulièrement lors de la pratique de son loisir favori : le javelot ascensionnel (rire garanti à la lecture de ces pages).

 

Soudainement, sa petite vie s'emballe à l'orée de son cinquantième anniversaire : alors que sa femme le quitte, que sa hiérarchie le réprimande pour ses sermons inappropriés et que sa foi plus que fluctuante l'abandonne à ses doutes, ses paroissiens lui offrent une sorte de cadeau empoisonné : un ourson venant de perdre sa mère et judicieusement prénommé par eux Belzébuth.

 

Après un apprivoisement mutuel et une hibernation partagée, l'homme et le plantigrade partiront ensemble pour un long périple, qui de prime abord ressemble fort à une fuite, mais qui peu à peu se transforme en quête initiatique. Traînant sa solitude et ses questions existentielles à la rencontre d'autres solitudes, le pasteur cherche un sens à sa vie.

 

Le parti pris réellement original de l'auteur est de raconter son histoire de façon très réaliste, donc au premier degré, or celle-ci est tellement extravagante (le pasteur apprend à son ours à repasser, cuisiner et servir à table, entre autres choses !) que le lecteur doit forcément la prendre au second degré, et de ce décalage naît l'humour.

 

Cette forme littéraire pourrait finalement s'apparenter à un conte, ou une sorte de fable sur les désillusions d'un homme abandonné par tous les humains, même par son dieu, et qui cherche sa rédemption et sa foi perdue autour du monde, en compagnie d'un ours qui devient son meilleur ami.

 

Derrière un ton apparemment léger, l'auteur porte un regard incisif et sans concession sur la société, notamment les représentants religieux. À tel point que la véritable humanité nous semble finalement le mieux incarnée par un pasteur alcoolique et défroqué et son ours dressé. Tous les personnages croisés dans le livre sont d'ailleurs attachants, nombreux étant ceux à la limite de la folie douce.

 

Certains thèmes ici développés par l'auteur sont apparemment présents de façon récurrente dans toutes ses oeuvres : l'écologie, la nature et les animaux, les voyages, ou encore la fuite (lui-même a dû fuir la guerre, enfant). Dans cet ouvrage, le lecteur est constamment dépaysé, dans les grandes étendues glacées du début, puis lors du grand périple des deux compères.

 

Quant au style de Paasilinna, on jurerait tout d'abord qu'il n'a rien d'exceptionnel, mais peu à peu un rythme, une petite musique se forment et l'on se retrouve pris dans cette lecture sans trop savoir comment, ce qui est sans doute la marque des grands écrivains. Il faut aussi souligner que la très belle traduction y est sûrement pour quelque chose.

 

 

 

Ma note :

 

3 étoilesTrois étoiles (sur cinq).

Par Rousseau / Voltaire - Publié dans : De trois à quatre étoiles
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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 11:00

 

 

 

Diane SETTERFIELD, Le treizième conte

 

 

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Présentation de l'éditeur :

 

Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l'écart du monde, s'est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd'hui âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l'extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à sa biographe Margaret Lea est une injonction : elle l'invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l'imaginaire, et elle ne croit pas au récit de Vida. Les deux femmes confrontent les fantômes qui participent de leur histoire et qui vont les aider à cerner leur propre vérité. Dans la veine du célèbre Rebecca de Daphné Du Maurier, ce roman mystérieux et envoûtant est à la fois un conte gothique où il est question de maisons hantées et de sœurs jumelles au destin funeste, et une ode à la magie des livres.

 

 

L'auteur :

 

Diane Setterfield, spécialiste d'André Gide, vit à Harrogate (Yorkshire). Le Treizième Conte, son premier roman, vendu dans 34 pays, est devenu d'emblée un best-seller, en particulier aux États-Unis où il est entré n° 1 sur la liste du New York Times.

 

 

Titre original : The thirteenth tale

 

 

Année de publication : 2006

 

 

Premières lignes :

 

"On était en novembre. Il n'était pas encore très tard, et pourtant le ciel était déjà sombre quand j'empruntai Laundress Passage."

 

 


 

 

Mon avis :

 

Je n'attendais rien de particulier de la lecture de ce roman, ce qui explique sans doute pourquoi je l'ai apprécié.  En effet, s'il est souvent risqué de placer de trop grands espoirs en certains ouvrages dûment adoubés par la critique et les maisons d'édition sous peine d'être cruellement déçu, il est en revanche fort agréable de se faire surprendre par un livre dont on ne sait rien.

 

Celui que je vais évoquer mêle plusieurs thèmes principaux, tels que les relations familiales et les secrets en leur sein, la gémellité, la littérature, sans oublier l'amour et aussi la nature. Dans une demeure typiquement anglaise, sise dans un paysage typiquement anglais, une romancière au soir de sa vie, Vida Winter, fait venir auprès d'elle une jeune femme (nommée Margaret Lea) pour lui conter son existence ainsi que celle de sa famille, dans le but de rédiger sa biographie. Seulement, Vida aime mentir et inventer, aussi Margaret devra démêler le vrai du faux afin que son travail soit aussi rigoureux que possible.

 

L'auteur adopte ici une trame narrative complexe et bien construite, basée sur des allers et retours constants entre passé et présent, qui se répondent et parfois même s'imbriquent. En effet, Margaret va devoir mener sa propre enquête sur Vida, ne pas prendre tout ce qu'elle lui raconte pour la stricte vérité et ce faisant, un lien, comme en miroir, se tisse entre elles, qui fera résonner le passé de la jeune femme.

 

Au fil du récit de Vida, qui déroule la vie de sa famille sur plusieurs générations, le lecteur découvre toute une galerie de personnages, pour certains excentriques, à la psychologie très fouillée. Bien décrits et fortement caractérisés, nombre d'entre eux sont également fortement perturbés par les drames qui frappent successivement la famille. Le récit connaît ainsi de multiples rebondissements, l'omniprésence de mystères ne faisant que renforcer le suspens qui irrigue le roman.

 

Un parallèle est clairement mis en place par l'auteur entre le manoir dans lequel se déroule l'intrigue (sur deux périodes de temps) et l'évolution des personnages qui le peuplent : de joyeux et flamboyant, le domaine perd progressivement de sa superbe, devenant triste et délabré. Ainsi les héros connaîtront eux-mêmes une lente décadence, loin de leur magnificence passée.

 

J'ai beaucoup apprécié l'ambiance très particulière nourrie par les descriptions détaillées de cette vaste demeure (dont le beau jardin se transforme peu à peu en une sorte de jungle), ainsi que des landes aux alentours, qui se nappent de brume dès la nuit tombée. Tout cela permet de créer cette atmosphère sombre, romantique et mystérieuse si propice au récit.

 

L'auteur, de par son écriture, fait d'ailleurs immédiatement penser aux grands auteurs victoriens (dits "gothiques") du XIXe siècle, telles les soeurs Brontë avec Les hauts de Hurlevent et Jane Eyre, ou Wilkie Collins avec La femme en blanc. Quant au rythme de l'intrigue, il est volontairement assez lent, ce qui m'a semblé aussi agréable que reposant à une époque où les histoires semblent devoir se dérouler à toute allure.

 

Très bien écrit (et doté d'une excellente traduction), cet ouvrage voit l'auteur user d'un style ample et élégant afin de développer ce qui n'est rien moins qu'une véritable ode au pouvoir de la littérature et des livres, notamment ceux datant de l'époque victorienne.

 

Pour conclure, je dois souligner à quel point se dégagent charme et émotion de cette lecture. Au milieu des personnages attachants qui composent cette vaste saga familiale, se glisse cette question pertinente : comment discerner la vérité du mensonge, la réalité du conte ? Bref, ce retour en guise d'hommage aux grands classiques est donc aussi rafraîchissant que réussi, et surtout, il fait du bien !

 

 

 

Ma note :

 

3 étoiles Trois étoiles (sur cinq).


Par Rousseau / Voltaire - Publié dans : De trois à quatre étoiles
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  • Historienne de l'art, je suis passionnée de lecture et de tout ce qui a trait à la culture : dessin, photographie, expositions, cinéma. Je me suis récemment reconvertie dans la correction orthographique : www.lafauteavoltaire.fr

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